Trois mois après la signature du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, qui est censé créer les conditions favorables à la tenue de scrutins crédibles et inclusifs, le bilan reste rachitique. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait présenté ce texte comme une étape stratégique majeure de la transition, visant à renforcer la sécurité et la stabilité institutionnelle. Mais où en est-on aujourd’hui ?
Selon Danio Siriack, porte-parole de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), il est « quasiment impossible » d’organiser des élections cette année en cours. L’insécurité généralisée demeure le principal frein, empêchant toute liberté de mouvement et d’action politique. À cela s’ajoutent l’absence du budget électoral, de décret officiel et le retard du processus d’inscription des électeurs.
Par ailleurs, le porte-parole du parti politique l’OPL Danio Siriack, estime qu’une campagne de sensibilisation massive, indispensable pour mobiliser une population désenchantée, nécessiterait au minimum cinq à six mois. Les bureaux d’inscription ne sont toujours pas opérationnels, paralysant une étape jugée « capitale » pour avancer.
Sécurité et cadre légal
Le porte-parole de l’OPL insiste, sans rétablissement de la sécurité, aucune opération électorale ne peut se dérouler sereinement. Le Conseil électoral provisoire (CEP) partage cette position, rappelant au gouvernement que la sécurité est un préalable incontournable. Or, ni budget spécifique ni nouveau décret électoral n’ont encore été adoptés, privant l’organisme électoral de la base légale et des moyens nécessaires.
Le précédent décret du 1er décembre 2025 a dû être révisé. Depuis la signature du Pacte, une entente est recherchée entre le gouvernement et le CEP pour ajuster ce texte. Mais, tant qu’il n’est pas officialisé, l’inscription des électeurs reste bloquée.
Le Pacte national avait pour mission de garantir des élections crédibles et transparentes, tout en renforçant la sécurité. Trois mois plus tard, la réalité est tout autre : violences armées, déplacements massifs de population et climat de panique rendent l’organisation technique du scrutin irréaliste.
En somme, les indicateurs actuels repoussent toute perspective électorale en 2026. Car, il existe un décalage flagrant entre les prévisions du Pacte et la situation sur le terrain car les résultats en matière de sécurité ne sont surtout pas au rendez-vous.
Likenton Joseph
