Interpellés par la multiplicité de propositions de sortie de crise et l’émiettement du paysage sociopolitique en factions faussement concurrentes, et se disant « conscients de la nécessité de mobiliser les forces vives du pays dans la recherche d’une solution durable à la crise actuelle par le renouvellement du personnel politique à travers des élections transparentes , les membres du groupe dénommé « Concertation nationale » dénoncent l’impuissance des autorités actuelles face à la recrudescence des actes de banditisme.
En effet, dans une note de conjoncture adressée au grand public, Concertation nationale exprime son inquiétude par rapport à des « Zones stratégiques » livrées au chaos sans assistance réelle de l'État. Sur le plan économique c’est aussi la désolation avec aucun investissement, ni interne ni externe, n’est encouragé. Le problème est désormais structurel. Pire encore, les dirigeants ne manifestent aucun souci réel pour la situation de la population.
Ainsi, Haïti est devenu un paradis pour les trafiquants et les ennemis du peuple, lit –on dans la note.
Déus Deronneth, coordonnateur national de Concertation nationale, est même revenu sur les promesses du Premier ministre de mener une lutte énergique contre l’insécurité, mais le constat est plutôt sans appel : plus de zones sont désormais sous le contrôle des gangs. « Aujourd’hui, le bilan est catastrophique : augmentation des assassinats et des kidnappings ; extension des territoires contrôlés par les gangs armés ; déplacements forcés de milliers de familles ; fermeture prolongée de l’aéroport international ; blocage des routes nationales ; paralysie du commerce et de la libre circulation des citoyens. En conséquence, le peuple haïtien est devenu prisonnier dans son propre pays » a fait remarquer les dirigeants de Concertation nationale qui lancent un appel à une prise de conscience collective afin de sortir le pays de ce bourbier.
Face à cette tragédie nationale, Concertation Nationale exige La réouverture de l’aéroport international; La sécurisation et la réouverture des axes routiers nationaux ; Le rétablissement effectif de la présence de l’état à carrefour, dans la plaine du cul-de-sac et dans les zones abandonnées aux gangs ; L’abandon définitif de tout projet de référendum rejeté par la population ; L’organisation immédiate d’élections libres, honnêtes et inclusives. Si le gouvernement actuel est incapable d’assumer ses responsabilités fondamentales, alors son remplacement devient une nécessité nationale.
C’est pourquoi nous exigeons la mise en place d’un exécutif bicéphale de transition, crédible et consensuel, chargé de rétablir la sécurité et d’organiser les élections. Enfin, nous avertissons solennellement les autorités : si les revendications légitimes du peuple continuent d’être ignorées, la Concertation Nationale lancera une campagne nationale de désobéissance civile. Car le peuple haïtien ne peut plus cautionner le projet d’impunité entretenu par les promoteurs des transitions éternelles.
Gerard H. Resil
