La situation des haïtiens en République dominicaine est de plus en plus préoccupante. Environ 500 mille Haïtiens ont été rapatriés, entre octobre 2024 à février 2026, selon la structure binationale Fondation Zile, qui alerte sur le flux de déportation de ressortissants haïtiens et les manifestations du groupe national radical.
Les ressortissants haïtiens sont confrontés à d'énormes difficultés en territoire voisin. Les mesures migratoires se durcissent de plus en plus, le discours anti-haïtien du secteur nationaliste se propage au sein de la communauté dominicaine, des acteurs politiques en profitent pour faire augmenter leur capitale politique et les femmes font l'objet de viol par des cadres dominicains.
« Le groupe nationaliste de la République dominicaine ne considère pas le flux migratoire des citoyens haïtiens sur leur territoire comme étant le résultat du contexte de crise multiforme en Haïti, mais de préférence comme une invasion pacifique des haïtiens », explique Edwin Paraison, responsable de la Fondation Zile, soulignant que la question haïtienne en République voisine est hautement politisée. Même en dehors du processus électoral, des acteurs et secteurs en profitent pour gagner la sympathie des groupements anti-haïtiens. Ces derniers se positionnent dans chaque prise de parole en public en faveur la déportation des migrants haïtiens.
« Nous assistons à des manifestations publiques répétitives contre la présence haïtienne menée par un groupe nommé l'Ancien Ordre. Ces nationalistes en profitent de la moindre occasion pour promouvoir la haine contre la communauté haïtienne. La dernière campagne de mobilisation populaire remonte à l'assassinat d'un jeune adolescent dominicain à los minos. Un fait qui pourrait être vu comme un incident a été une cause de manifestation », dit-il.
Ces dominicains ont intimé l'ordre aux ressortissants haïtiens séjournés dans ce quartier de quitter leur terroir en leur accordant un délai de dix jours. Ils ont en outre annoncé une énième manifestation le 27 février à l'occasion de la fête de l'indépendance de la République dominicaine à Higuey. Toutefois, la ministre de l'Intérieur et le directeur de la Migration dans des prises de positions publiques ont rappelé que seules les autorités compétentes sont habilitées à prendre cette disposition.
Du côté de l'administration de Luis Abinader, les politiques migratoires continuent d’être durcies. Les responsables ont exprimé leur volonté d'étendre leurs capacités de rapatriement. Les descentes nocturnes, les arrestations sont de plus en plus fréquentes. L'actuel directeur migratoire affirme que de octobre 2024 à février 2026 près de 500 mille migrants haïtiens sont déjà rapatriés.
Par ailleurs, les femmes haïtiennes font l'objet de viol. La Police dominicaine a procédé, le mercredi, à l’arrestation du médecin Wilbert Polanco Sanz, accusé de viol sur une jeune Haïtienne âgée de 20 ans. Selon les témoignages de la victime, elle s'était rendue dans la clinique du praticien afin d’y faire un examen médical de routine, notamment une échographie. C’est dans ce contexte que les faits reprochés se seraient produits. La jeune femme aurait par la suite porté plainte auprès des autorités compétentes, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête.
Face à cette situation, Edwin Paraison, invite les responsables dominicains à prendre en compte le contexte haïtien et à sursoir à ces vagues de déportation. IL exhorte les autorités haïtiennes à entamer des discussions avec leurs homologues dominicains afin de protéger les compatriotes haïtiens.
Sheelove Semexant
