L’observatoire du droit du consommateur Haïtien dénonce à travers un communiqué en date du 15 février, l’indifférence totale des autorités sanitaires suite à la publication le 30 Janvier dernier, d’un rapport du Ministère du commerce et de l’industrie, révélant que l’eau consommée par la population haïtienne est contaminée et impropre à la consommation.
.L’ODCOH dénonce l’inaction de l’Etat face à cette crise de l’eau potable, dont la contamination menace directement la santé publique et la sécurité nationale. Selon le président de cette structure, Me Michel Jean Gilles, il n’est pas concevable qu’aucune réactions de la part des autorités n’aient été signalées après ce rapport révélant de graves défaillances dans le respect des normes sanitaires, applicables a l’eau destinée à la consommation humaine dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Selon cette enquête, réalisée entre août 2025 et janvier 2026, 92% des eaux vendues en sachets dans l’aire métropolitaine, présentaient une contamination bactérienne.
Une étude a porté sur 109 échantillons d’eau traitée, incluant l’eau vendue en sachets, en bouteilles ainsi que celles commercialisées dans les kiosques.
Les maladies hydriques et leurs conséquences sur la santé.
Les problèmes de l’eau dans la Capitale haïtienne sont récurrents. Les principaux facteurs de ces problèmes d’eau sont l’insalubrité et l’incapacité des autorités en charge de l’eau à satisfaire dans la durée les besoins des ménages. Du a cela, plusieurs modes d’approvisionnement d’appoint sont utilisés. La gestion de l’eau devient un problème crucial et peut provoquer sa pollution. Il peut résulter des maladies hydriques. Les maladies hydriques sont des pathologies qui se transmettent suite à l’ingestion d’eau contaminée par des microorganismes pathogènes provenant généralement des matières fécales. En fonction de leur nature, on distingue les maladies hydriques bactériennes comme la fièvre typhoïde, la fièvre paratyphoïde, la shigellose et le choléra ; les maladies hydriques parasitaires telles que les helminthiases, l’amibiase, la giardiase , les coccidies, les microsporidies, la cryptosporidium et les maladies hydriques virales comme les hépatites A et E, la poliomyélite et certaines formes de méningites.
Selon l’OMS, les maladies infectieuses provoquées par des bactéries pathogènes, des virus, des protozoaires et des helminthes représentent le risque sanitaire associé à l’eau de boisson le plus courant et le plus répandu. Les facteurs associés à la prévalence de ces infections contagieuses sont liés à la qualité de l’eau consommée et à la mauvaise hygiène domestique et alimentaire. Le nombre de cas augmente face à l’inefficacité des dispositions prises par les autorités locales, les agents de santé et les communautés. Les données du rapport accusent 83,5 % des échantillons analysés contenaient des bactéries, principalement des coliformes, alors qu’aucune bactérie ne devrait être détectée dans ce type de produits, conformément aux normes sanitaires en vigueur déplore le MCI. Face à ce problème sanitaire et environnemental, l’ODCOH exige que des décisions en rapport aux normes adoptées par le Bureau haïtien de normalisation et la mise en œuvre effective des protocoles de régulation soient prises, en vue de stopper ce fléau. L’organisation déplore aussi l’absence de politiques d’évaluation et de protection des zones de recharge, qui entraîne une contamination massive des ressources hydriques, des sources jusqu'aux nappes phréatiques.
Gerard H. Resil
