Alors que l’échéance du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) approche, le Comité de pilotage de l’Accord KINAM a organisé une conférence de presse ce mercredi 7 janvier 2026, dans l'objectif de donner sa position officielle et d’alerter sur l’urgence de parvenir à un compromis politique inclusif, sincère et coordonné entre les forces vives de la nation. Dans cette perspective, les signataires de l’accord en appellent à la CARICOM pour enclencher, sans délai, un processus de dialogue crédible et neutre, avec l’appui technique de l’OEA, afin d’éviter un nouveau vide institutionnel aux conséquences graves pour le pays.
Me Gary Rivière, porte-parole générale de l'Accord KINAM, a indiqué que l’Accord avait demandé à l’OEA et à la CARICOM de prendre les dispositions nécessaires afin d’initier, dès le 7 janvier 2026, un processus de négociation avec les acteurs politiques.
Dans le cadre de ces négociations, il s’agirait également d’engager le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), organe de contrôle et de supervision du système judiciaire, afin qu’il désigne deux membres issus de l’administration judiciaire : l’un provenant de la cinquième judicature, l’autre issu de l’une des 18 juridictions de tribunal du pays.
Une fois ces deux personnalités sélectionnées, elles seraient proposées aux secteurs politiques n’ayant pas contribué à la destruction du pays, pour qu’ils choisissent, parmi elles, un président provisoire chargé d’assurer la transition à partir du 7 février 2026.
En l’absence d’un Parlement capable de jouer le rôle de contrôle institutionnel, Me Rivière estime qu’il est nécessaire de créer une instance pour surveiller les membres du gouvernement et les empêcher de détourner les ressources de l’État.
Parallèlement, l’Accord KINAM a engagé des échanges avec plusieurs organisations, notamment des membres du corps diplomatique, pour les inciter à contacter la CARICOM et l’OEA en vue de participer à ces négociations et ainsi éviter un nouveau vide institutionnel à cette date critique.
S’adressant au peuple haïtien, Me Rivière a souligné la gravité des conditions de vie actuelles, appelant la population à se réveiller : « Si rien n’est fait d’ici le 7 février, l’insécurité et les autres crises risquent de s’aggraver encore davantage. » « L’Accord KINAM dit que ce coup ne passera pas. Il appelle le peuple à se réveiller, à se révolter, à rester vigilant, à écouter et à observer ce qui se passe », conclut-il.
Modeline Youte
