Le Département de la sécurité intérieure (DHS) des États-Unis met un terme au programme «Humanitarian Parole», initié en janvier 2023 sous l’administration Biden. Plus de 500 000 bénéficiaires, principalement originaires de Cuba, du Venezuela, du Nicaragua et d’Haïti, sont désormais sommés de quitter le territoire américain.
Selon des informations relayées par la chaîne américaine CNN, l’administration Trump a commencé à envoyer des courriels aux bénéficiaires du programme pour leur notifier la fin de leur statut légal et la révocation de leur permis de travail. Cette décision découle d’une ordonnance de la Cour suprême des États-Unis, donnant le feu vert à l’administration actuelle pour annuler le programme humanitaire.
Les courriels, envoyés le jeudi 12 juin 2025, informent les concernés que le DHS met fin à leur statut de parole, à moins qu’ils n’aient déjà engagé une procédure de régularisation leur permettant de rester et de travailler légalement aux États-Unis. En parallèle, le Département exige que les permis de travail soient retournés au Service de citoyenneté et d'immigration des États-Unis (USCIS).
Un programme de retour volontaire controversé
Dans le cadre de cette politique, le gouvernement américain propose une incitation financière aux migrants sans papiers souhaitant retourner volontairement dans leur pays d’origine : une somme de 1 000 dollars ainsi qu’un billet d’avion gratuit. Pour faciliter ce processus, l’administration Trump a lancé une nouvelle application, CBP Home, qui remplace CBP One. Cette plateforme numérique permet aux migrants en situation irrégulière d'annoncer leur volonté de quitter le territoire sans passer par une expulsion forcée.
Selon Tricia McLaughlin, secrétaire assistante aux affaires publiques du DHS, cette approche vise à réduire les coûts élevés liés aux procédures d’expulsion, aux arrestations et aux négociations diplomatiques avec les pays d’origine. « Ces retours volontaires permettent de limiter les charges administratives et financières de l’État », a-t-elle précisé.
Une politique migratoire de plus en plus répressive
Depuis plusieurs mois, la politique migratoire de l’administration Trump a été marquée par une intensification des mesures répressives à l’encontre des migrants en situation irrégulière. Le nombre d’arrestations a considérablement augmenté, tandis que plusieurs programmes sociaux destinés à cette population ont été suspendus. Dans plusieurs États, des agents de l'immigration patrouillent dans les lieux publics, provoquant la panique au sein des communautés concernées.
À Los Angeles, ainsi que dans d’autres grandes villes du pays, des manifestations d’envergure ont éclaté pour dénoncer ces mesures. Plusieurs organisations de défense des droits humains pointent du doigt des pratiques discriminatoires, des abus et des violations des droits fondamentaux, en contradiction avec les engagements internationaux pris par les États-Unis.
Oberde Charles
