À l’aube de 2025, les grands chantiers de la transition restent au point mort, exacerbant les inquiétudes face à une crise sécuritaire persistante. Le coordinateur du Sant Karl Lévêque appelle à l’unité nationale pour alléger les souffrances du peuple, tandis que Leslie Voltaire, président du CPT, exprime sa foi en une coopération internationale renforcée. Une nouvelle année qui, pour beaucoup, doit incarner l’espoir d’un futur plus ou moins stable pour Haïti.
En effet, à quelques jours de la fin de l’année 2024, les grands chantiers annoncés pour conduire Haïti vers une transition politique, sociale et apaisée restent au point mort. Les acteurs politiques et sociaux interpellent les dirigeants, appelant à des actions concrètes pour sortir le pays de l’impasse.
Dans un message empreint d’espoir, Leslie Voltaire, président du CPT a salué la coopération de la communauté internationale et réitéré l’importance du soutien des amis d’Haïti dans la quête de solutions durables aux problèmes d’insécurité. Tout en exprimant sa tristesse face à l’ampleur des défis, il a déclaré que l’année 2025 doit être une année d’espoir et de progrès pour le peuple haïtien.
Contacté par la rédaction du quotidien Le National ce vendredi 20 décembre 2024, Gardy Maisonneuve, coordonnateur général du Sant Karl Lévêque, a pour sa part dressé un tableau sombre de la situation actuelle, soulignant l’inaction des dirigeants face aux priorités nationales. « Tout le monde parle des élections, mais aucun effort réel n’est entrepris pour résoudre la crise sécuritaire qui paralyse le pays », a-t-il laissé entendre. Selon lui, le pouvoir, devenu une source de privilèges, détourne les leaders de leurs responsabilités essentielles.
M. Maisonneuve a également dénoncé l’absence de vision et d’appartenance idéologique chez les décideurs. « Un citoyen ne devrait pas prendre plaisir à nuire à son pays au profit des autres nations. Nous allons passer la moitié de l’année 2025 dans cette situation insoutenable si rien n’est fait. », ajoute t-il.
Pour lui, les problèmes d’insécurité, bien que graves, pourraient être maîtrisés avec des dirigeants compétents et engagés. Les bandits ne sont pas aussi forts, mais ce sont les autorités qui manquent de compétence, a-t-il martelé, tout en appelant à une prise de conscience collective.
« Le redressement d’Haïti ne se limite pas à résoudre les crises actuelles, mais nécessite un véritable plan de reconstruction sur plusieurs décennies. Nous n’avons pas seulement six mois de problèmes à résoudre, mais plus de 20 ans de travail à envisager », a-t-il conclu.
Vladimir Predvil
