C’est l’un des rares exemples de l’Histoire. Les dirigeants, l’élite d’un pays partageant une frontière ne se préoccupe nullement de l’écart qui se creuse à l’avantage du voisin.
Le nombre d’étudiants haïtiens en République dominicaine dépasse certainement le chiffre de 10.000.
Combien d’étudiants dominicains en Haïti ?
On peut avoir des réponses moyenâgeuses, des réponses d’ignorants qui diront : Nou pa bezwen moun sa yo lakay nou.
E sa n ap fè lakay yo ?
Les gouvernements haïtiens auraient dû déployer tous les moyens possibles pour essayer de rattraper la république voisine. Un agronome à Thiotte, racontait ses péripéties après une crise diabétique qui avait failli aboutir à un coma. Il a fallu traverser la frontière. Ce qui n’était pas facile, car les militaires dominicains ne laissent pas passer les citoyens haïtiens manifestement malades. On aura beau gueuler que ce n’est pas humain, mais les États ont leur intérêt. Ces malades, comme cet agronome dont nous parlions qui a eu la vie sauve, peuvent recevoir des soins gratuitement. Des soins quand même payés par l’État dominicain.
Sans aller plus loin, tous nos citoyens savent que nos dirigeants, ceux qui ont les moyens, donc l’élite économique de notre pays, s’empressent de se rendre à l’étranger pour recevoir des soins.
Notre pays est dans un état lamentable. Une honte quand on le compare à la république voisine. Dire que la plupart des dirigeants que notre pays a connus sont des imposteurs et des bouffons n’est pas une exagération. Le fossé entre nous et nos voisins n’a jamais été pour eux un problème.
Nos dirigeants sont les seuls responsables des vexations, des humiliations que prennent nos compatriotes à l’étranger.
Mais pendant ce temps moun ap fè «politik ». Des traditionnels qui ont prouvé leur nullité et de jeunes abolotyo prêts à tout pour venir planter leurs dents dans ce que la nation reste de chair. Les politiciens présentent des programmes qui ne sont que des récitations de cancre. Avec l’intelligence artificielle, ils peuvent présenter ce qu’ils veulent. Mais comme faisait remarquer Socrate, il y a l’écriture, mais plus important, il y a la pensée.
Or, la pensée politique haïtienne est dans un tanga sur un char de carnaval, dans un champ de banane, ou dans les beaux salons où on radote entre bons plats et bouteille d’alcool.
Notre pays devra sortir de cette boue où nationaux criminels et étrangers racistes le maintiennent. Il faudra de la volonté, du courage et de la hargne. Une hargne à la hauteur des efforts que déploient les ennemis de la nation pour qu’elle périsse et ne se relève plus.
Gary Victor
