La presse haïtienne persévère dans une fonction déstabilisatrice dans notre société.
Des journalistes depuis des années déshonorent cette profession en se comportant comme des maîtres chanteurs devant soulager le portefeuille surtout des politiciens en poste mais aussi de toute personne disposant d’un avoir et dans une position où la diffusion d’une information peut mettre à mal sa situation.
Des postes dans l’administration publique et même dans nos consulats sont occupés par des personnes recommandées par des journalistes. On ne dirait même pas recommandées. Imposées serait le bon mot.
On comprend alors que la vraie mission du journaliste qui est d’informer disparait. L’information devient un racket. L’information n’est importante que si elle est monnayable ou susceptible, par sa présentation, d’attirer l’attention des hommes au pouvoir politique ou économique.
Dans ces conditions, la vie de la population, ses problèmes, n’intéressent pas trop la presse. Les problèmes de société sont passés sous silence. Très peu de papier sur notre réalité. Il se passe pourtant beaucoup de choses dans nos communautés. Pendant que Port-au-Prince s’affaisse, que deviennent nos villes de provinces ? Qu’en est-il de la criminalisation accélérée des activités économiques ? Comment la gestion criminelle des territoires dits perdus désagrègent le tissu social et économique ? Quel est le cout pour le pays de la barbarie des gangs ?
Si les politiciens se taisent sur les affres de la population, même ceux qui ont l’audace de venir solliciter les votes des citoyens pour les prochaines élections, nos journalistes ne sont pas trop éloignés d’un silence complice sur la réalité que nous vivons. On comprend très bien. Politiciens, gangs, presse, sont pour la plupart, et c’est la perception générale, logés à la même enseigne.
La fonction déstabilisatrice de la presse s’exerce avec force à l’approche des élections. La presse collabore d’une certaine manière avec des officines parfois douteuses pour la présentation de dits sondages dont on soupçonne bien vite que leurs publications sont télécommandées. Il faudrait savoir qui a payé pour le sondage, qui l’a commandé, et aussi questionner la neutralité de ceux qui ont réalisé l’exercice, si exercice il y en a eu. Sur cette terre d’imposteurs, les arnaques, surtout en période électorale, sont nombreuses.
Il ne faudra pas trop compter sur une grande partie de la presse qui devrait par un travail professionnel aider les citoyens à faire leur choix. Le National et Radiotélévision Pacific peuvent s’enorgueillir de n’avoir jamais toléré dans leur staff ces journalistes affairistes qui font la honte de la profession. Nous ferons notre possible pour être national, soucieux des intérêts de la nation, soucieux des intérêts de nos communautés.
Gary Victor
