Les élections sont prévues, parait-il, dans quatre mois.
Les conditions sécuritaires se sont-elles améliorées ?
Certains pays ont réussi à organiser des élections dans des conditions difficiles, mais avec des forces de sécurité qui inspiraient un minimum de confiance aux électeurs. Avec, en outre, un gouvernement qui exerçait quand même un contrôle suffisant sur les territoires qui relevaient de son autorité.
Est-ce le cas chez nous ?
Dans le département de l’Ouest, la situation n’est pas reluisante. L’insécurité est partout. En dépit des déclarations gouvernementales, de la présence sur le terrain de forces étrangères dont la mission serait de combattre ou du moins de restreindre l’activité des gangs, on en est toujours à l’impossibilité d’une grande partie des populations déplacées de retourner dans leur quartier.
Carrefour-Feuille est un exemple de la curieuse impuissance de la Police nationale et de l’Armée de reprendre le contrôle de la zone. On pourrait dire que la frontière à contrôler pour sécuriser une grande partie de ce quartier est la Rue Monseigneur Guilloux qui part du Centre-ville et aboutit jusqu’au sommet du Morne L’Hôpital. Deux sous-commissariats étaient en opération pour contrôler à l’approche de la montagne les mouvements des gangs de Grand –Ravine et de Ti Bois, pour empêcher aussi tout mouvement vers l’Est pouvant aboutir sur les hauteurs de Pacot et même de Debussy. Ces deux sous commissariats ont été pratiquement livrés aux bandits en 2023. Le plus étrange est le cas de la colline où est juché le Sanatorium, l’un des plus grands hôpitaux de la Capitale. Depuis cette colline, on a un contrôle stratégique sur une grande partie de la circonscription. La PNH aurait dû déployer tous les moyens possibles pour reprendre cet espace qui devrait être occupé par les Forces armées vu son importance stratégique. Mais aucune volonté n’est vraiment démontrée pour repousser effectivement les bandits et pacifier la zone.
On pourrait donner plein d’exemples de la sorte.
Pourtant, le gouvernement, pressuré par ses commanditaires étrangers semble vouloir aller aux élections. Voulant garder les avantages de la transition, le pouvoir risque de se lancer dans les élections les plus indécentes de ces cinquante dernières années avec un acteur clé présent sans aucune honte au-devant de la scène : le secteur criminel, à savoir les gangs.
Le plus étrange, c’est que la plupart des candidats qui se manifestent n’ont jamais pipé mots sur les conditions sécuritaires et les affres quotidiennes de la population, comme si, prudemment, on ne voulait pas se mettre à dos le secteur criminel.
Très inquiets, nous pouvons reprendre cette expression bien de chez nous. Èske peyi a vann nan zobop ?
Gary Victor
