La nouvelle vague de kidnappings enregistrée ces derniers jours semble ne connaître aucun répit. Lors de la dernière rencontre de la table sectorielle organisée par le CARDH-H, un représentant du secteur privé a d’ailleurs soulevé cette question auprès d’un responsable de la Police. Une source proche du ministère de l’Intérieur a, de son côté, confié que les autorités se penchaient sur la question.
Toujours est-il que la réaction face à ce phénomène, désormais presque saisonnier, reste timide et sans commune mesure avec l’inquiétude grandissante au sein de la population.
Alors que le pays se prépare à des élections prévues pour la fin de l’année, la chaleur accablante de l’été s’accompagne du retour de ce mal endémique, qui risque d’éloigner davantage encore les citoyens de la perspective d’aller voter.
Raison de plus pour le gouvernement de passer des promesses aux actes. Dans l’opinion publique, les efforts des forces de sécurité, qui ont permis de libérer une partie de la ville, sont reconnus et appréciés. On estime aujourd’hui à environ 30 % la part du territoire récupérée, tandis que l’offensive, toujours sanglante, des groupes criminels semble marquer le pas.
Mais le retour des kidnappings risque d’annuler une bonne partie de ces acquis et de ramener la population à un sentiment d’impuissance et d’insécurité.
À un moment où des milliers de compatriotes seront contraints de revenir au pays, un effort supplémentaire en matière de sécurité contribuerait aussi à apaiser leurs angoisses et à restaurer un minimum de confiance.
La balle est désormais dans le camp des responsables de la sécurité, mais aussi de certains « amis » venus nous aider et qui affirment avoir mobilisé d’importants moyens de renseignement.
Il est temps que ces moyens produisent des résultats visibles. La sécurité ne peut plus attendre : elle est la condition du retour à la confiance, de la participation citoyenne et, finalement, de toute perspective de normalisation du pays.
Roody Edmé
