Il y a des violences qui dépassent ce qu’on pourrait appeler l’animalité. ‘Les animaux tuent pour se nourrir, pour se défendre s’ils se croient attaqués. Ce qui s’est passé dans l’Artibonite où la violence se mixe au cannibalisme et à la folie, ouvre encore et encore une porte sur un espace de noirceur de notre société que bien peu essaient de comprendre et d’étudier.
L’inquiétant, c’est que ceux qui ont la charge de diriger la nation ne se prononcent que rarement si ce n’est jamais sur ces violences qui font honte à notre communauté et qui déshonorent ce drapeau que nous avons tant exhibé durant la période de ce mondial.
Ceux qui perpètrent ces actes n’ont certainement plus rien d’humain. Ils ne sont même pas des animaux. Ils sont une aberration biologique vomie par le pouvoir politique haïtien. Ce pouvoir qui a gardé l’immense majorité de la population dans une misère abjecte et l’ignorance. Les pouvoirs religieux aussi. Des pouvoirs qui ont toujours servi les intérêts du pouvoir politique et qui ne se sont jamais souciés des conditions de vie de notre peuple.
Mais on a le droit de se demander que se passe-t-il dans la tête d’un dirigeant haïtien qui garde le silence sur de tels faits, qui ne s’indigne pas, mais qui va rencontrer comme si de rien n'était, inconscient qu'il pue, des dignitaires de pays étrangers et rend même visite au Vatican. Parce que, quand on garde le silence sur de telles ignominies, on devient complice de ces absurdités. À la limite, on est une aberration biologique. À vrai dire, si on étudie bien nos dirigeants, on a du mal à condamner ces fous cannibales quand ces derniers sont les produits de ces politiciens.
Notre société aussi va mal. Il n’y a pas de manifestation d’indignation unanime contre ces pratiques qui nous mettent au banc des nations. Mais il suffit qu’un étranger nous critique pour que nous montions sur nos grands chevaux. Il y a une fierté qui est douteuse, fictive, fétichiste si elle n’est pas nourrie par une réalité objective dont on peut revendiquer d’y avoir participé.
Gary Victor
