Entre fierté, angoisse et espoir !
Nous fêtons notre onzième année. Ce qui est un exploit pour un quotidien à l’ère où nous vivons avec la force affichée du numérique.
Nous sommes lus, suivis par des dizaines de milliers de lecteurs en Haïti et à l’étranger. Fiers d’avoir survécu aux crises que notre pays a connus durant ces dernières années, fiers surtout d’avoir été fidèles à la ligne définie par le fondateur du National, l’Ingénieur Hervé Lerouge, à savoir être un média aux services de la communauté, au service du citoyen, un média pour qui l’intérêt national reste la priorité.
Nous sommes fiers surtout d’avoir été l’un des rares médias à donner l’alerte quand l’attaque des gangs sur Martissant et certains quartiers au bas de la ville était vue comme des nuisances lointaines qui concernaient un petit peuple toujours ségrégé, ignoré. Quand les gangs sont passés à la vitesse supérieure en prenant d’assaut Carrefour-Feuilles, nous avions averti les responsables. Désormais le centre-ville était sous la menace. La Boule, Kenscoff, Furcy, les hauteurs vers Seguin et peut-être même le département du Sud-Est. Notre voix n’a pas été écoutée. Nous avons rappelé le risque que constituent ces dizaines de milliers de jeunes dans le chômage, sans perspective, livrés à eux-mêmes, ayant des besoins légitimes, proie de politiciens et d’affairistes sans foi ni loi. Nous avons constamment rappelé la nécessité d’une bonne gouvernance donnant au travail, à l’investissement, leur valeur. Nous avons prêché dans le vide. Mais nous avions fait notre travail.
Nous sommes fiers, et pourtant angoissés. La mauvaise gouvernance continue à dégrader le pays. Les gangs s’acharnent toujours à semer le deuil dans nos communautés. On parle d’élections, mais dans quelles conditions. Ils sont toujours des dizaines de milliers de jeunes dans les rues sans travail, certains prêts à se vendre au diable pour une bouchée de pain. On n’a vent d’aucun programme gouvernemental pour enlever aux gangs la jouissance de ce vivier. Comment pouvons-nous continuer à vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ?
Mais le National avec des centaines de milliers de femmes et d’hommes de ce pays garde espoir. On devra forcément, avec la bonne volonté de cette population qu’on ne parviendra pas à « génocider », à redresser la barre. Dans nos écoles, dans nos universités, dans les associations, il y a toujours des jeunes qui sont décidés à s’engager patriotiquement. Pas ces abolotyo qui font la une dans certains médias.
Le National s’engage encore à persévérer dans sa mission d’accompagner et de soutenir toutes les instances de compétences et de travail dans le pays. L’ignorance, la médiocrité, la méchanceté ne sont que chimères. Elles n’ont d’importance que par la valeur qu’on daigne leur accorder.
Le pays se réveillera. Le pays vaincra. Haïti vivra !
Gary Victor
