Union des Femmes à Mobilité Réduite d'Haïti a lancé officiellement, ce vendredi 15 mai 2026, son projet à la suite d’un atelier de formation sur la participation effective des femmes handicapées dans la vie politique. Ce projet, intitulé « Fanm Andikape Poto Mitan Chanjman », est réalisé en partenariat avec ONU Femmes et le Women’s Peace and Humanitarian Fund. Ce projet vise à améliorer le relèvement socio-économique et la participation des jeunes femmes à mobilité réduite en Haïti.
Diverses personnalités ont pris part à cette cérémonie de lancement, telles que la représentante adjointe d’ONU Femmes, la conseillère électorale, le directeur exécutif du Bureau du Secrétaire d'État à l'Intégration des Personnes Handicapées, notamment la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, ainsi que les membres de cette structure.
Dans cette circonstance, la présidente de l’Union des Femmes à Mobilité Réduite d'Haïti, Mme Lounevie Pierre, a présenté le projet et a fait savoir qu’il cible 550 femmes à mobilité réduite dans trois départements du pays : l’Ouest, le Nord et le Sud. Elles vont bénéficier de formations techniques et entrepreneuriales, d’un accompagnement pour créer de petites entreprises, ainsi que de l’accès à une pièce d’identification nationale afin de renforcer leur inclusion sociale.
Plus loin, Madame Pierre a souligné que ce programme n’est pas un simple projet, mais plutôt une vision qui démontre que les femmes en situation de handicap ne peuvent plus rester à l’écart, mais qu’elles ont toute leur place dans les décisions, dans l’accès aux opportunités économiques et dans les espaces de participation citoyenne, faisant d’elles de véritables actrices du changement.
« Pendant trop longtemps, les femmes handicapées sont confrontées à une double discrimination, en tant que femmes et en tant que personnes à mobilité réduite. Elles vivent souvent dans la pauvreté, le chômage et le manque d’accès à l’information, notamment l’absence de documents d’identification, ainsi qu’une violence invisible.
Face à cette réalité, nous avons décidé d’agir à travers ce projet “Fanm Andikape se Poto Mitan”. Nous voulons renforcer l’autonomie socio-économique des femmes handicapées, développer leurs compétences, soutenir leurs initiatives et favoriser leur inclusion sociale ainsi que leur participation active dans la vie politique du pays », a affirmé la présidente de l’Union des Femmes à Mobilité Réduite d'Haïti.
Dans le cadre de ce projet, la structure compte escompter comme résultats une amélioration des opportunités économiques pour 70 femmes et jeunes femmes handicapées, grâce à des formations spécifiques et adaptées dans des domaines tels que l’artisanat, la résine époxy et la personnalisation d’objets, ainsi qu’un accompagnement pour leur permettre de monter leurs propres ateliers.
Un accès élargi à une pièce d’identification nationale sera également offert à 500 femmes handicapées, renforçant ainsi leur inclusion sociale et leur accès aux services publics essentiels ainsi qu’aux processus décisionnels.
Des campagnes de sensibilisation aux droits des femmes handicapées seront également menées afin de réduire la stigmatisation et de favoriser la cohésion sociale.
En outre, le projet ambitionne de sensibiliser 40 % de la communauté haïtienne à la réduction de la stigmatisation, afin de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir un environnement favorable à l’épanouissement de ces femmes.
La représentante d’ONU Femmes en Haïti, par sa représentante adjointe, Sophie Havyarimana, a souligné que l’inclusion socio-économique des femmes en situation de handicap constitue une condition essentielle pour garantir la stabilité au sein de la société.
Plus loin, elle a affirmé qu’ONU Femmes est reconnaissante de faire partie des partenaires qui accompagnent ce projet et a exprimé l’espoir que les véritables bénéficiaires soient effectivement les personnes en situation de handicap.
Le Bureau du Secrétaire d'État à l'Intégration des Personnes Handicapées, par la voix de son directeur exécutif, Frenel Bellegarde, a plaidé en faveur d’une plus grande inclusion des femmes en situation de handicap au sein de la société. Selon lui, cette catégorie de la population est souvent confrontée à une double discrimination : d’une part parce qu’il s’agit de femmes, et d’autre part en raison de leur handicap, ce qui les expose davantage à diverses formes de violence et de marginalisation.
Il a souligné qu’aucun véritable changement ne peut être envisagé sans une véritable inclusion sociale, insistant sur la nécessité pour les personnes en situation de handicap d’avoir accès à l’information, de participer aux processus décisionnels et de bénéficier d’opportunités leur permettant d’atteindre leur autonomie. M. Bellegarde s’est également dit convaincu que les femmes handicapées tireront un grand bénéfice de ce projet, qui leur offrira des moyens de générer des revenus tout en renforçant leur autonomie économique et leur participation active dans la société.
Yasmine sanon
