Le Collège National des Ingénieurs et Architectes Haïtiens (CNIAH) a exprimé son appui total au communiqué conjoint publié récemment par plusieurs grandes entreprises nationales dénonçant la dégradation avancée des voies d’accès à l’Aéroport International Toussaint Louverture et l’absence de réponse adaptée des autorités publiques.
Dans une note officielle publiée le 10 mai 2026, le CNIAH affirme soutenir la position de la Société du Rhum Barbancourt, de Brasserie la Couronne, de Séjourné S.A. ainsi que de la Compagnie des Tabacs Comme Il Faut, qui alertent sur l’état critique des routes desservant l’aéroport international de la capitale.
Selon le CNIAH, cette situation ne constitue pas uniquement un problème d’infrastructure routière. Elle représente également une menace pour la sécurité nationale, la mobilité stratégique, la stabilité économique ainsi que la crédibilité opérationnelle de l’État haïtien.
L’organisation souligne que le mauvais état des routes compromet notamment les déplacements des forces de sécurité dans un contexte marqué par l’insécurité armée. Elle estime également que cette dégradation fragilise les chaînes logistiques indispensables au fonctionnement de l’économie nationale et expose les riverains, les travailleurs ainsi que les opérateurs économiques à des risques accrus.
Le CNIAH attire aussi l’attention sur les conséquences environnementales liées à l’érosion, aux inondations et à l’absence de systèmes de drainage adaptés dans les zones concernées. L’institution estime enfin que cette situation risque de compromettre les conditions techniques et sécuritaires nécessaires à une reprise progressive des vols internationaux réguliers depuis Port-au-Prince, conformément aux exigences des autorités de régulation, notamment celles de la Federal Aviation Administration.
« Un aéroport international n’est pas une infrastructure isolée : il est le cœur d’un écosystème territorial, routier, hydraulique, environnemental et sécuritaire », rappelle le CNIAH dans son communiqué.
L’organisation exhorte le gouvernement à adopter des mesures urgentes et coordonnées. Elle appelle le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales à travailler avec les collectivités territoriales et les forces publiques afin de sécuriser durablement les corridors d’accès à l’aéroport.
Le CNIAH demande également au Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications de présenter rapidement un plan d’intervention d’urgence accompagné d’un calendrier précis pour la réhabilitation complète des axes routiers concernés.
Par ailleurs, l’organisation recommande au Ministère de l’Environnement de réaliser une évaluation environnementale rapide portant notamment sur le drainage, la stabilisation des sols, la gestion des eaux pluviales et la mitigation des zones à risques.
Le CNIAH propose enfin la création d’une cellule interministérielle de réponse infrastructurelle et sécuritaire regroupant les ministères concernés, les représentants du secteur privé, les institutions techniques spécialisées, le CNIAH ainsi que des partenaires internationaux susceptibles d’apporter un appui financier ou technique.
Pour l’institution, la relance économique du pays, l’amélioration de la sécurité intérieure et le repositionnement de l’aviation civile haïtienne passent nécessairement par la restauration des infrastructures critiques du pays.
« Le temps des mesures partielles est révolu. Le temps de l’action coordonnée, techniquement fondée et politiquement responsable est arrivé », conclut le communiqué.
Vladimir Predvil
