Désormais, il est venu le temps de faire le bilan chaque année de la grande mobilisation ou "Konbit" culinaire, à la fois nationale et mondiale autour de la soupe Joumou. Pratiquement dix-huit ans après la publication du célèbre article titré "Soup la souple" en décembre 2008, en guise de manifeste inspiré par la professeure Bayyinah Béllo, lors d'une mission portée par la Fondation Félicité Bonheur Claire Heureuse, entre les trois départements géographiques en Haïti (Ouest, Nord-Est et l'Artibonite), il paraît utile et légitime d'encourager la publication du journal de la soupe Joumou.
Difficile de ne pas saluer la participation à la fois des anciens promoteurs et contributeurs (publics et privés), autant que les nouveaux acteurs et organisations qui investissent et s'investissent dans la promotion et le partage de la soupe Joumou, la soupe de l'Indépendance chaque début d'année. A travers le Gwoup Konbit, via le Konbit soup Joumou, et les nombreux autres acteurs mobilisés et évoluant en Haïti et dans la diaspora, c'est le pays qui se renouvelle et se réinvente à travers une nouvelle dynamique identitaire, culturelle, citoyenne et solidaire.
Des images réelles ou virtuelles, pour illustrer les articles, en dehors des caricatures. Et si l'on pour décerner le meilleurs photographie, les meilleures images et d'autres illustrations pour mémoriser chaque la mémoire de ce symbole. En attendant que cela se formalise, je me permets de saluer au passage cette image de Bees Ayiti, une des influenceuse qui a participé dans la promotion active d'Haïti. A travers cette image, elle exprime une triple dimension: elle administration, entre réflexion et prospection.
Des informations utiles et pratiques, pertinentes et stratégiques méritent d'être répertoriées dans un support dédié à la soupe. Il nous faut informer, former et transformer l'Haïtien à travers ou à partir des dizaines d'ingrédients transformés, des centaines de cuisines activées dans chaque quartier, des milliers de chefs de cuisine amateurs, traditionnels et professionnels mobilisés, en particulier des femmes haïtiennes qui maitrisent l'art et le savoir faire, et pourquoi pas les millions de bouches haïtiennes et étrangères qui profitent largement de la saveur, des couleurs et du bonheur de consommer ce plat national. Il nous faut mémoriser ce narratif chaque année. Il nous faut célébrer la liberté, l'égalité, la dignité, l'authenticité et la grandeur de la première nation noire indépendante dans l’histoire universelle. Haïti !
De quoi sera fait le journal officiel (national et international) de la soupe Joumou d'Haïti ? Pourquoi encourager la création d’un tel outil de communication et instrument de promotion de l’un des premiers symboles de la nation haïtienne ? Pourquoi et comment collecter des sommes importantes d’informations autour de la soupe Joumou en Haïti et à travers le monde ? Comment identifier les différentes étapes et les périodes, entre les maillons de la chaîne de production, de transportation, d’importation ou d’exportation des récoltes de Joumou, passant par la commercialisation accélérée durant les dernières semaines de décembre de chaque année et jusqu'à la transformation ? Et enfin entre la nuit du 31 décembre au 1 janvier, pourquoi et comment valoriser et vulgariser la recette officielle de la soupe de l'Indépendance ? Quelles sont les principales dimensions et les nouveaux narratifs à prioriser autour de la soupe Joumou sur le plan politique, économique, sécuritaire, diplomatique, agricole, nutritionnel, sanitaire, symbolique, affectif, éducatif, culturel et scientifique ?
Dans la rubrique actualité nationale: la soupe Joumou, comme miroir de la nation haïtienne ?
Depuis le premier janvier 1804, la soupe Joumou demeure l’un des symboles les plus puissants de l’identité haïtienne. Préparée ou servie au premier jour du nouvel an, elle rappelle la proclamation de l’indépendance en 1804 et la victoire contre l’esclavage. Longtemps interdite aux personnes réduites en esclavage, elle était réservée aux colons français ; après la libération, les Haïtiens se la sont réappropriée comme un acte de dignité et de souveraineté.
Durant l'année 2021, l’UNESCO a reconnu cette portée historique en inscrivant la soupe Joumou au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Aujourd’hui encore, malgré les crises politiques et sécuritaires, les familles haïtiennes s’efforcent de maintenir ce rituel.
Dans les villes comme Port-au-Prince, Cap-Haïtien ou Jérémie, la préparation de la soupe devient un acte de résistance culturelle, un moment de cohésion dans un pays fragmenté. Cette persistance témoigne de la force symbolique du plat, qui continue de rassembler les communautés autour d’un héritage partagé.
Dans l’économie: l’or jaune du pays ou la filière du giraumon mérite des investissements intelligents et solidaires ?
Des actifs importants, l’économie de la soupe Joumou repose sur une filière agricole essentielle : celle du giraumon, variété de courge indigène utilisée comme base du plat. Selon l’UNESCO, cette courge était déjà cultivée par les peuples autochtones des Caraïbes avant la colonisation. Aujourd’hui, les producteurs de l’Artibonite, du Plateau Central ou du Sud font face à des défis majeurs tels que l’insécurité sur les routes, l’inflation, la rareté des intrants agricoles entre autres. Quelle est l'économie de la soupe Joumou chaque année en termes d'économie de la mémoire ?
De nombreux défis importants à relever. Le coût du panier pour préparer la soupe a fortement augmenté ces dernières années, affectant les ménages les plus vulnérables, en comparant les prix affichés dans les secteurs informels et sur les étagères des supermarchés dans les grandes villes. Parallèlement, la diaspora crée de nouvelles opportunités économiques en investissant dans l’exportation de courges, des kits de soupe prêts à cuisiner, des restaurants spécialisés et certains autres produits dérivés. La soupe Joumou devient ainsi un produit culturel valorisé, un vecteur de développement économique et un élément de diplomatie culinaire. Pourquoi et comment investir ou rentabiliser la consommation de la soupe Joumou durant toute l'année ?
Dans la rubrique culture : un bol mélangeant la mémoire, l’identité, la transmission et l’innovation ?
De plus en plus, la soupe joumou occupe une place centrale dans la culture haïtienne. Elle est présente dans la peinture, la littérature, la musique et même le cinéma. L’UNESCO souligne que sa préparation «â€¯favorise la cohésion sociale et le sentiment d’appartenance ». Dans les familles, la transmission de la recette se fait souvent de génération en génération, pour devenir un rituel familial chargé de sens et de mémoire. Pourquoi et comment encourager plus de créations artistiques, littéraires, poétiques, musicales, artisanales, symboliques ou numériques autour de la soupe ?
Dans la diaspora, la soupe se réinvente : à Montréal, New York, Paris ou Santiago, les Haïtiens organisent des rassemblements communautaires, des ateliers culinaires et des célébrations publiques. La soupe devient un pont entre les générations et un marqueur identitaire fort, permettant aux jeunes nés à l’étranger de renouer avec leurs racines.
Dans l’actualité internationale: la soupe partagée entre la diaspora, la diplomatie et les familles de nombreux autres pays ?
Diplomatie culturelle, plusieurs ambassades et consulats d'Haïti dans le monde permettent aux membres de leur personnel, aux invités et membres de la communauté haïtienne de partager la soupe Joumou, au premier jour de janvier, dans de nombreux restaurants haïtiens en particulier. Parallèlement, la diaspora haïtienne joue un rôle majeur dans la diffusion mondiale de la soupe Joumou. Chaque premier jour de l'année, des milliers de personnes se réunissent dans les grandes villes du monde pour partager ce plat emblématique. Comment les Haïtiens négocient-ils avec les étrangers à partir de la soupe ?
Dans un autre sens, la reconnaissance par l’UNESCO a renforcé cette dynamique, donnant à la soupe une visibilité internationale sans précédent. Dans les ambassades et consulats, la soupe joumou est désormais servie lors d’événements officiels, devenant un outil de diplomatie culturelle. Des initiatives communautaires, notamment des levées de fonds et des programmes éducatifs, utilisent la soupe comme symbole de solidarité et de fierté. Cette internationalisation témoigne de la capacité de la diaspora à préserver et promouvoir son patrimoine malgré la distance.
Dans la partie Sports: la soupe Joumou symbolise autant la tradition, l’énergie et l’esprit d’équipe ?
Dans le domaine sportif, la soupe joumou occupe une place inattendue mais significative. De nombreux clubs haïtiens, tant en Haïti que dans la diaspora, organisent des tournois le premier janvier pour célébrer l’indépendance. Les athlètes évoquent souvent la soupe comme un «â€¯carburant identitaire », un repas qui symbolise la force, la résilience et l’unité.
Dans certains camps d’entraînement, notamment dans la diaspora, la soupe joumou est intégrée aux repas du nouvel an, renforçant le lien entre performance physique et héritage culturel. Ces pratiques montrent que la soupe dépasse largement le cadre culinaire pour devenir un élément de cohésion sportive et communautaire.
Des faits divers : elles sont nombreuses les histoires insolites autour de la soupe Joumou ?
Depuis plusieurs générations, presque chaque année, la soupe Joumou inspire des histoires étonnantes parmi lesquelles on retient des concours de la meilleure soupe, des tentatives de records du plus grand chaudron, des initiatives caritatives, des anecdotes familiales.
Dans plusieurs villes de la diaspora, des compétitions culinaires attirent des centaines de participants. Les réseaux sociaux amplifient ces événements, transformant la soupe en phénomène viral. Des mèmes, des vidéos humoristiques, des défis TikTok et des tutoriels culinaires circulent massivement, donnant une dimension ludique et moderne à une tradition séculaire. Cette appropriation numérique contribue à renouveler l’intérêt des jeunes générations pour la soupe Joumou.
D'autres rubriques additionnelles: la soupe joumou entre les médias sociaux, l'IA et la robotique ?
Désormais, on assiste à la création d’un tribunal virtuel autour de la soupe Joumou sur les médias (réseaux) sociaux chaque fin d'année et pendant les premiers jours de janvier. Chacun tente d’exposer ces chaudrons ou son bol de soupe Joumou. D’autres en profitent sans aucune retenue parfois, pour apprécier et féliciter, pour comparer, critiquer ou ridiculiser l’image dans la forme et le fond. Ces recettes (au rabais et à refaire) mal préparées ou présentées feront l'objet de blagues de la part de ces critiques improvisées.
De plus en plus sur les réseaux sociaux, la soupe Joumou connaît un véritable engouement. Chaque premier jour de l'an ou des semaines avant, les hashtags #SoupJoumou, #FreedomSoup ou #Haiti1804 explosent sur Instagram, TikTok et X (Twitter). Des milliers d’utilisateurs partagent des photos de leurs bols, des vidéos de préparation, des récits familiaux ou des réflexions sur l’histoire de l’indépendance.
Depuis cette reconnaissance par l’UNESCO en 2021, la soupe Joumou a également généré une vague de contenus éducatifs et militants, rappelant l’importance historique du plat. Les influenceurs culinaires, les chefs haïtiens et les membres de la diaspora utilisent ces plateformes pour transmettre des recettes, valoriser la culture haïtienne et sensibiliser à la situation du pays. Les médias sociaux deviennent ainsi un espace de mémoire collective, de créativité et de mobilisation. Autant en ajouter un journal de la soupe Joumou dans le décor et la liste des nouveaux médias impliqués dans la mobilisation des acteurs et actifs, dans la promotion des innovations, dans l'intérêt et l'intelligence des consommateurs.
Dans ce prochain journal de la soupe Joumou, il faudrait mobiliser à la fois plusieurs compétences interdisciplinaires et complémentaires, afin d' explorer les différents contours, pour ensuite les exposer à la curiosité des différents publics, profanes et avisés. A travers des reportages, des portraits et des dossiers soutenus, l'ensemble des rubriques permettra de répondre de façon objective, pragmatique et scientifique au plus grand nombre des questions sur l'agenda et les actifs de cette soupe historique et symbolique, afin de mieux comprendre l'activité et entreprendre autour l'actualité relative au Joumou, ce bol de soupe incontournable et impayable, un dossier national, un symbole rassembleur, un patrimoine à la fois national et universel.
Dominique Domerçant
