De médias laïques aux médias mondains, en passant par les médias religieux dédiés à une des principales communautés religieuses du pays, tout se joue dans la programmation, la promotion des principes et des valeurs à travers une variété de contenus informatifs, pédagogiques, culturels, musicaux, entre autres. Il est venu le temps pour les médias traditionnels du pays, parmi les plus importants et les plus influents, d’organiser des émissions spéciales pour tenter de partager et de croiser la parole sacrée à la parole scientifique, pour une meilleure contribution dans la socialisation de cette population.
Durant cette semaine de débats, de réflexion et de diffusion des savoirs sur les relations d’ici et d’ailleurs, les auditeurs et auditrices, les téléspectateurs et téléspectatrices seront invités à dépasser les clivages et les clans pour arpenter les frontières de toutes les religions, sans chercher à dénaturer, à détruire, à désacraliser et à de dogmatiser les unes et les autres, les unes contre les autres, en sachant que nous sommes les fils et les filles de cette même terre.
Découvrons ensemble, en dehors des multiples dimensions des livres sacrés utilisés dans chacune des religions pratiquées ici ou ailleurs, une sélection de sept ouvrages abordant de différentes manières cette imposante institution sociale et socialisante que représente la religion. Pour le bonheur des pratiquants, des croyants et non croyants, des responsables et de l’ensemble des maillons influents et invisibles de la chaîne spirituelle, ces documents et publications devraient pouvoir aider à mieux structurer la pensée individuelle et collective, autour des différents enjeux économiques, politiques, géopolitiques, socioculturels de chaque religion dans le carrefour historique dans lequel se trouve notre pays.
Demandons-nous : « Quelle est la toute première religion de l’humanité ? Comment sont apparues les notions de dieu, de sacrifice, de salut, de prière, de clergé ? Pourquoi est-on passé du culte de divinités féminines à celui de divinités masculines ? De la croyance en plusieurs dieux à la foi en un Dieu unique ? Pourquoi la violence est-elle souvent liée au sacré ? Qui sont les fondateurs des grandes traditions et quel est leur message ? Quelles sont les ressemblances et les différences fondamentales entre les religions ? Des premiers rituels funéraires aux grandes religions actuelles, Frédéric Lenoir explore l’univers foisonnant du sacré.
Une question parcourt ce livre : à quoi servent les religions et pourquoi accompagnent-elles l’aventure humaine depuis l’aube des temps ? » Ces questions, parmi d’autres, trouveront leurs réponses en particulier dans le livre suivant: « Petit traité d’histoire des religions, de Frédéric Lenoir.
Dans l’ouvrage titré: “Atlas des religions. Passions identitaires et tensions géopolitiques”, qui est à sa 2e édition, les deux spécialistes : Frank Tétart et Cyrille Süss (Cartographe), se complètent dans cette édifiante publication, pour nous rappeler : “ En 2023, le monde est plus religieux qu’il ne l’était en 1970. La religion est parfois redevenue une composante identitaire des peuples. Éléments de cohésion des communautés ou diffuseurs de messages de paix, les religions peuvent également être synonymes de violences et de tensions. - Comment sont nées les principales religions du monde ? - Quelle est l’expansion des religions aujourd’hui : christianisme, judaïsme, islam, sectes et dissidences...”.
Des questions pertinentes et des observations sont à retenir: “Quand la politique et les extrémismes s’en mêlent, les tensions géopolitiques et les débats sur la laïcité se multiplient. Quel peut être le rôle des religions dans un monde globalisé ? Ce tour du monde des différentes religions, en près de 90 cartes et infographies actualisées, retrace leur histoire et permet de mieux appréhender leur place dans la société d’aujourd’hui.”.
Des approches comparées à retenir, notamment celles du : “Célèbre sociologue Hartmut Rosa, lui, suggère une tout autre analyse et s’inquiète des effets de cette crise : que se passe-t-il quand la religion dans son ensemble n’a plus d’écho dans les sociétés démocratiques ? Que perd la société quand la religion n’y joue plus aucun rôle ? Quel est l’avenir d’une démocratie sans religion ? Est-il vraiment sage de renoncer au riche trésor du religieux ? Avec son acuité habituelle, Hartmut Rosa nous montre que cette situation de crise aiguë coïncide avec le triomphe d’un rapport instrumental au monde né à l’aube de la modernité capitaliste.”.
Déclinant ainsi le résumé de l’ouvrage: “Ainsi, ce que nous perdrions avec l’effacement de la religion, ce ne sont pas seulement une série d’histoires, de croyances ou de rituels, mais avant tout une capacité à entrer en résonance avec le monde, à le laisser venir à nous et à lui permettre de guérir des traumas que nous lui avons infligés.”.
Deux facettes d’une même médaille: “Science Et Religion”, est le titre proposé par Bertrand Russell, pour nous rappeler: “Entre la science et la religion a eu lieu un conflit prolongé, dont, jusqu’à ces dernières années, la science est invariablement sortie victorieuse. Mais l’avènement, en Russie et en Allemagne, de nouvelles religions, munies de nouveaux moyens d’activité missionnaire fournis par la science, a remis en question le résultat, comme au début de l’ère scientifique, et a rendu de l’intérêt à l’examen du terrain et de l’historique de la guerre menée par la religion traditionnelle contre la connaissance scientifique.”.
Dualité ou complémentarité : “La science et la religion sont deux faces de la vie sociale, dont la deuxième a eu de l’importance aussi loin que nous puissions remonter dans l’histoire de l’esprit humain, tandis que la première, après une existence intermittente et vacillante chez les Grecs et les Arabes, a pris subitement de l’importance au XVIe siècle, et a depuis lors façonné toujours davantage les idées et les institutions parmi lesquelles nous vivons.
Dans l’ouvrage : ‘La religion de l’amour’, de Galâl al-Dîn Rûmî et de Leili Anvar (Préfacier), ces derniers rapportent : ‘Mohammad Jalâl al-dîn Rûmî (1207-1273) fut l’un des poètes les plus inspirés de la littérature persane et l’un des mystiques les plus incandescents de la tradition de l’islam spirituel. Il eut un maître qu’il aima plus que tout, qui lui donna accès à la musique des sphères, à la contemplation de l’invisible et à l’expérience de la théophanie. Son œuvre tout entière, lyrique ou didactique, prose ou poésie, est le reflet de ses découvertes intérieures et de ses extases. Elle en épouse le rythme, en dévoile la violence, en caresse la douceur, en déploie les variations les plus subtiles. Elle est à la fois le miroir de son âme et une invitation à le suivre dans ce monde plus réel que le monde matériel, le monde des archétypes que les mystiques persans désignaient comme le ‘monde imaginal’. Elle pointe vers lâmahân, ce lieu qui n’est pas un lieu. Elle est hors du temps, et donc pour tous les temps. Elle est musique, image, offrande. Elle est comme l’amour véritable, une lucarne vers les profondeurs du soi et l’infini du ciel, un océan sans rivage.”.
Des nuls, parmi des moins nuls, seront servis, à travers l’ouvrage : Les grandes religions pour les Nuls », de Jean-Christophe Saladin. Il nous questionne: ‘Que diriez-vous de découvrir dans un seul et même livre que le mot ‘Messie’ signifie ‘celui qui a reçu l’onction’, que les orthodoxes et les catholiques partagent sensiblement les mêmes croyances et les mêmes rites, que la charia est la norme devant inspirer leur législation aux dirigeants musulmans ? C’est ce que vous proposent Les Nuls avec ce tour d’horizon des grandes religions en 200 notions clés illustrées, aussi variées que la diaspora, le chamanisme, le bouddhisme tibétain...et beaucoup d’autres !”.
Dommage que la culture ancestrale haïtienne, sur fond de religion Vodou, n’est pas toujours prise en compte dans les grands débats la plupart des cas. Dans l’ouvrage : ‘Les Grands initiés. Esquisse de l’histoire secrète des religions’, de Edouard Schuré, on pourra lire: ‘Rama, Krishna, Hermès, Moise, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus... Chacun d’entre eux représente l’une des grandes religions qui ont contribué à l’histoire de l’humanité. Aucun n’a laissé un écrit, seulement des disciples, des rites d’initiation et une légende. Edouard Schuré esquisse l’histoire secrète des religions. De l’initiation brahmanique aux mystères de l’Egypte, de la mission du Christ au mythe d’Orphée, c’est à un voyage dans la tradition ésotérique la plus secrète qu’Edouard Schuré nous convie, là où science et religion se réconcilient à jamais.”. Cet ouvrage, paru en 1889, est aujourd’hui encore considéré comme la bible de l’ésotérisme.
Des publications intéressantes parmi d’autres, parmi les sujets pertinents qu’il faudrait inscrire dans l’agenda des médias en Haïti, qui abordera les thématiques et les problématiques comme la religion. Dans l’intérêt du plus grand nombre, et pour le bien-être de la population en général.
Dominique Domerçant
