Port-au-Prince, le 30 août 2026 – La Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ) lance un cri d’alarme solennel et appelle à la mise en place immédiate d’un dispositif humanitaire consistant, cohérent et coordonné en faveur des femmes et des filles de la commune de Kenscoff, prises au piège de la violence aveugle des gangs armés.
En tant que journalistes et travailleuses des médias, nos micros et nos carnets de notes recueillent chaque jour les échos d’une tragédie humaine indicible. Kenscoff, autrefois havre de paix et grenier maraîcher de la capitale, est aujourd’hui le théâtre d’incursions armées violentes et d’un afflux massif de familles déplacées internes. Dans ce chaos, les femmes et les filles paient le prix le plus fort : viols utilisés comme armes de guerre, pertes de leurs moyens de subsistance, traumatismes psychologiques profonds et précarité sanitaire extrême.
Face à l’insuffisance des réponses actuelles, la SOFEHJ, refuse de se cantonner au simple rôle de témoin. L’heure n’est plus seulement aux constats, elle est à l’action d’urgence.
Les 3 Piliers du Dispositif Humanitaire Exigé par la SOFEHJ :
1. Un Soutien Psychosocial et Clinique d’Urgence : La création d’espaces sûrs et de cliniques mobiles psychosociales à Kenscoff pour libérer la parole, soigner les traumatismes invisibles et accompagner dignement les survivantes de violences basées sur le genre (VBG).
2. Une Protection Matérielle et Sanitaire Immédiate : La distribution systématique de kits de dignité et d’hygiène, essentiels pour redonner un minimum de sécurité et de décence aux femmes et filles en situation de déplacement forcé.
3. Une Relance Économique par le Cash Transfer : Un appui financier direct et sans intermédiaire pour recapitaliser les micro-commerces des femmes chefs de ménage (Madansara), piliers de l’économie locale et de la survie des familles.
La SOFEHJ rappelle que la réponse à cette crise ne peut être fragmentée. Elle doit être consistante par le volume des ressources engagées et cohérente en plaçant la protection et la dignité des femmes au centre de toutes les interventions sécuritaires et humanitaires.
Nous interpellons directement les agences du système des Nations Unies (ONU Femmes, UNICEF, PAM), les organisations non gouvernementales internationales, ainsi que les autorités étatiques : les femmes de Kenscoff ne peuvent plus attendre. Chaque jour de retard est un jour de trop pour la dignité humaine.
La SOFEHJ reste mobilisée, sur le terrain et sur les ondes, pour que la voix des sans-voix de Kenscoff soit enfin entendue et suivie d’actes concrets
Pour la SOFEHJ :
Martine Isaac
Coordonnatrice Générale
Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ)
Contact presse : 3441 0163
