Le 29 Avril dernier, j’ai mis en ligne une page intitulée « Des citernes d’espoir ». Elle a recueilli un relatif succès d’estime et le sourire désabusé ou sceptique de tous ceux qui n’y ont vu que les rêveries d’un penseur solitaire. A la fin de ce texte, je parlais du remplissage de ces citernes, pas seulement avec de beaux principes, mais aussi avec des offres concrètes de formation et d’emploi.
Si je reviens à la charge aujourd’hui, c’est parce qu’une amie m’a fait suivre un reportage de Junior Legrand, en date du 30 avril sur Https//ayibopost.com, sous le titre « Des enfants en prison brillent aux examens officiels en Haïti ». Il s’agit de l’École fondamentale du Centre de rééducation pour mineurs en conflit avec la loi. (CERMICOL). C’est, semble-t-il une des rares institutions éducatives du système public à bien marcher, même si se profilent à l’horizon quelques décisions malencontreuses, susceptibles de plomber son succès.
Je vois dans ce centre la matérialisation concrète d’une citerne d’espoir, avec des taux de réussite de l’ordre de 100% depuis une quinzaine d’années. Seulement, la formation que proposent ces centres s’arrête au diplôme de neuvième année fondamentale. Et plus rien. Et ce vide est lourd de menaces. On ne peut sans dommages faire naître le goût de l’étude, éveiller des aspirations légitimes et puis ne plus rien proposer, renvoyant les concernés aux frustrations qu’on aura contribué à faire naître, même avec les meilleures intentions du monde. Ce serait les renvoyer à la criminalité comme à un destin inexorable.
Sans prétendre se substituer à un État défaillant, il faut de toute urgence que différents secteurs se mobilisent pour alimenter cette première citerne d’espoir et d’autres qui existent certainement. Elles œuvrent dans le silence car comme on le dit « le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit ».
Ceci est donc un appel à tous ceux qui comme moi souffrent d’un amour blessé pour notre pays. Un appel à ceux qui ne sont pas comme moi limité à l’usage du stylo et de la parole pour qu’ils mobilisent leurs associations professionnelles, syndicales et même leurs cercles mondains pour multiplier et alimenter des citernes d’espoir.
Patrice Dalencour
Pétionville, le 1er mai 2026
