Depuis l'assassinat de l'Empereur Jean-Jacques Dessalines, Haïti a fait face à de multiples crises politiques non résolues. Le cycle de notre déchéance s'annonce et s'affiche sous nos yeux. Depuis plus de 5 ans, la machine politique haïtienne est en panne. La direction du pays est entre les mains de bandits à cravates et de chefs de gangs armés.
Les citoyens haïtiens ne peuvent plus quitter le pays à partir de l'aéroport international Toussaint Louverture. Pourtant on constate que les vols internationaux ne sont pas suspendus ad vitam aeternam dans certains pays frappés par des guerres.
L'improvisation dans des modes de gouvernance, l'instauration officielle de la corruption et de l'impunité, les mauvais choix de dirigeants, le manque total de redditions de comptes de tous les fonctionnaires de l'État, les mauvaises prises de décisions, tout comme l'échec de la diplomatie haïtienne sont autant de facteurs pouvant expliquer la déchéance de notre nation. L'irresponsabilité de l'État haïtien se traduit par son incapacité à assurer l'ordre et la sécurité nationale. Tout devient enjeu difficile et presqu'insoluble aux yeux des acteurs de la classe politique. Il y a lieu de se demander si l'État haïtien s'est vraiment préoccupé des besoins vitaux de la population; si oui en quelle année? Depuis quand les plus démunis ont reçu une forme d'assistance ou d'aide de cet État Providence sur papier? Le constat est encore plus alarmant et déchirant quand ce même État reconnaît ses droits et devoirs. La société civile est majoritairement silencieuse, spectatrice, observatrice et parfois même trop complice.
Un sentiment commun de culture, une langue commune, une histoire commune et partagée, sont des traits caractéristiques d'un pays. Faut-il bien rappeler que le fait de cohabiter dans un espace donné ne fait pas de cet espace ni une nation ni un pays.
La géopolitique en soi nous permet de mieux comprendre les véritables intérêts des différentes nations. La violation des droits internationaux par des gouvernements dits démocratiques ou autocratiques nous envoie un signal de bouleversement mondial. Nous sommes peut-être au dernier temps de plusieurs concepts tels que pays, nation, frontières, démocratie, autocratie, etc. Haïti ne saurait échapper à cette mouvance.
Un nouvel ordre mondial est en train de se dessiner. À nous compatriotes haïtiens conséquents de décider notre position dans ce tournant.
Pourquoi sommes-nous rendus à vouloir tout banaliser sans gêne jusqu'à faillir à notre devoir de citoyen?
Il esr reconnu qu'ne nation est une communauté humaine partageant une identité culturelle, linguistique, et ethnique, tandis qu'un pays est un territoire géographiquement délimité, doté d'un gouvernement et d'un système politique. À la lumière de ces deux définitions, sommes-nous une nation? Avons-nous un pays? Qu'avons-nous fait de l'idéal dessalinien?
À défaut de vouloir doter le pays d'un nouveau mode de gouvernance, Haïti est face à une menace existentielle.
Soyons plus responsables et cessons de contribuer à la disparition tacite de notre mémoire collective.
Chrisnel Blot
12 mars 2026
