Dans l’histoire des nations, certains événements dépassent le simple cadre d’une rencontre institutionnelle. Ils deviennent des signes annonciateurs d’une transformation possible. Dans un pays souvent confronté à des urgences multiples, parler d’intelligence artificielle, de cybersécurité et de transformation numérique pourrait sembler appartenir à un futur lointain. Pourtant, les 29 et 30 juillet 2026, Haïti a choisi de poser une question essentielle : comment construire une société capable de maîtriser les outils technologiques qui façonnent déjà le monde ?
À l’Hôtel Montana, pendant deux jours, plus de deux cents étudiants, chercheurs, professionnels et acteurs institutionnels se sont réunis autour du premier colloque scientifique consacré à l’intelligence artificielle, à la transformation numérique et à la cybersécurité. Cet événement, porté par trois institutions majeures — la Banque de la République d’Haïti (BRH), le Groupe Croissance et l’Université de Technologie d’Haïti (UNITECH) — représente une volonté claire : faire de la connaissance et de l’innovation des instruments stratégiques du développement national.
Mais derrière les technologies évoquées, derrière les concepts parfois complexes, une réalité demeure : aucune transformation numérique ne peut réussir sans une transformation humaine.
Et si la véritable révolution numérique d’Haïti commençait non pas avec les machines, mais avec les femmes et les hommes capables de les imaginer, de les diriger et de les utiliser au service du bien commun ?
C’est précisément cette vision qui donne tout son sens à **l’Accord numérique de Montana : un engagement collectif pour faire de la technologie un levier de développement durable pour Haïti.**
Le numérique comme choix stratégique : sortir de la consommation technologique pour entrer dans la création.
Pendant longtemps, les pays en développement ont été principalement considérés comme des consommateurs des innovations produites ailleurs. Les grandes plateformes numériques, les solutions d’intelligence artificielle et les infrastructures technologiques semblaient appartenir exclusivement aux économies avancées.
Mais le colloque de Montana propose une autre perspective : Haïti ne doit pas seulement utiliser la technologie ; elle doit également participer à sa conception, son adaptation et son développement.
La transformation numérique n’est pas simplement une question d’équipements informatiques ou d’accès à Internet. Elle touche profondément la manière dont un État fonctionne, dont les entreprises innovent, dont les universités forment les nouvelles générations et dont les citoyens participent à l’économie mondiale.
La cybersécurité, en particulier, devient un enjeu de souveraineté. Dans un monde où les données représentent une nouvelle forme de richesse, protéger les informations, développer des compétences locales et créer une culture numérique responsable deviennent des nécessités.
C’est dans cette perspective que la BRH, le Groupe Croissance et UNITECH ont choisi d’unir leurs forces.
Trois institutions, une même vision : construire les fondations du futur numérique haïtien.
La Banque Centrale : accompagner la modernisation économique.
La Banque de la République d’Haïti joue depuis plusieurs années un rôle central dans la modernisation du système financier haïtien. Dans un environnement où la finance mondiale évolue rapidement grâce aux technologies numériques, les institutions monétaires doivent anticiper les changements liés aux paiements électroniques, à la sécurité des transactions et à l’innovation financière.
En participant à ce colloque, la BRH inscrit la transformation numérique dans une réflexion plus large : celle d’une économie haïtienne capable de mieux intégrer les outils technologiques pour renforcer son efficacité et sa résilience.
Le numérique devient ainsi un pont entre la stabilité économique et l’innovation.
Le Groupe Croissance : connecter l’économie, la finance et l’innovation.
Depuis sa création, le Groupe Croissance s’est positionné comme un acteur engagé dans la diffusion de la connaissance économique et financière en Haïti. À travers ses initiatives médiatiques et éducatives, notamment ProFin.TV, il contribue à rendre accessibles des sujets souvent réservés aux spécialistes.
L’émission **« Investir »**, animée par Kesner Pharel, a notamment permis de mettre en lumière les enjeux liés à l’Accord numérique de Montana avec l’intervention de Monsieur Lubin Géraldy Santana.
Cette approche traduit une conviction importante : une société ne peut pas transformer son économie si elle ne comprend pas les grands changements qui redessinent le monde.
UNITECH : former les architectes du changement.
Au cœur de cette dynamique se trouve l’Université de Technologie d’Haïti (UNITECH), une institution dont la mission rejoint directement l’objectif du colloque : préparer des professionnels capables de répondre aux défis technologiques contemporains.
À travers son engagement dans la recherche, l’innovation et les partenariats, UNITECH cherche à rapprocher la formation universitaire des besoins réels du pays.
Monsieur Lubin Géraldy Santana incarne particulièrement cette orientation. En tant que Vice-Recteur à la Recherche, à l’Innovation, aux Relations internationales et aux Partenariats d’UNITECH, il dirige des initiatives liées à la structuration de la recherche, au développement de programmes d’innovation technologique et sociale, ainsi qu’à l’intégration des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle.
Son parcours témoigne d’une volonté constante de relier la connaissance académique aux besoins du développement national.
Lubin Géraldy Santana : une vision où la technologie devient un outil de transformation nationale.
Dans le paysage haïtien actuel, certaines voix attirent l’attention non seulement par leurs compétences techniques, mais aussi par leur capacité à proposer une vision.
Monsieur Lubin Géraldy Santana appartient à cette catégorie de profils qui évoluent à la frontière entre administration publique, recherche universitaire et innovation.
Son parcours est marqué par plusieurs expériences stratégiques : gestion des finances publiques au Ministère de l’Économie et des Finances, conseil en innovation au Québec, responsabilités universitaires et participation à des projets de modernisation institutionnelle.
Doctorant en développement régional, diplômé en planification et gestion fiscale, il défend une approche où la technologie n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’améliorer les institutions, de renforcer les capacités humaines et d’accélérer le développement.
Cette approche explique probablement pourquoi certains observateurs, après son intervention dans l’émission « Investir », ont vu dans son discours une vision ambitieuse du développement durable d’Haïti.
Au-delà des réactions enthousiastes, une chose demeure : la transformation numérique exige précisément ce type de leadership capable de relier innovation, formation, institutions et vision à long terme.
Former aujourd’hui ceux qui construiront Haïti demain.
L’un des messages les plus forts de l’Accord numérique de Montana concerne la jeunesse.
La présence de plus de deux cents étudiants à ce premier colloque n’est pas un simple détail statistique. Elle symbolise une génération qui doit être préparée à évoluer dans un monde où l’intelligence artificielle, les données et la cybersécurité deviennent des compétences fondamentales.
Former ces jeunes signifie leur donner plus qu’un diplôme. Cela signifie leur fournir les outils intellectuels nécessaires pour créer, entreprendre, protéger et transformer.
Car le développement durable d’Haïti ne reposera pas uniquement sur des investissements financiers. Il dépendra aussi de la capacité du pays à développer son capital humain.
Montana, un point de départ plutôt qu’un simple événement.
L’Accord numérique de Montana restera peut-être dans les mémoires comme le moment où plusieurs institutions haïtiennes ont décidé de placer la technologie au centre d’une réflexion nationale.
La BRH, le Groupe Croissance et UNITECH ont montré qu’une collaboration entre finance, économie, université et innovation pouvait ouvrir un espace nouveau pour penser l’avenir.
Mais le véritable héritage de cet événement se mesurera dans les années à venir : dans les étudiants formés, les chercheurs encouragés, les entreprises innovantes créées et les solutions numériques développées pour répondre aux réalités haïtiennes.
Au fond, la question n’est plus de savoir si Haïti entrera dans l’ère numérique.
Elle y est déjà.
La véritable question est désormais : Haïti choisira-t-elle d’être spectatrice de cette révolution ou deviendra-t-elle l’une de ses actrices ?
L’Accord numérique de Montana semble avoir choisi la réponse : préparer des femmes et des hommes capables de transformer la technologie en espérance, en compétence et en développement.
L’accord numérique de Montana : Le rendez-vous scientifique qui porte une ambition nationale.
Ralf Dieudonné JN MARY
Auteur, conférencier, mentor
Ingénieur civil, Professeur à l’Université
