Le Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH) a lancé, ce mercredi 2 septembre 2026, la Trentaine de la surdité et de la langue des signes, dans les locaux de l’institution à Delmas 60. Cette initiative vise notamment à sensibiliser la population aux réalités des personnes sourdes et à promouvoir une meilleure prise en compte de la langue des signes en Haïti.
Dans son allocution, le directeur exécutif du BSEIPH, Fenel Bellegarde, a souligné que la question de la surdité concerne l’ensemble de la société. Selon lui, sensibiliser au respect des droits des personnes sourdes ne profite pas uniquement à ces dernières, mais permet également à la population entendante de mieux se préparer à interagir avec elles.
« La sensibilisation aux droits des personnes sourdes ne concerne pas uniquement les personnes sourdes. Elle nous concerne tous, car, à un moment donné, nous pouvons nous retrouver face à une personne sourde sans savoir communiquer en langue des signes », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Fenel Bellegarde a insisté sur le caractère invisible de la surdité, qui contribue, selon lui, à une prise en compte insuffisante des besoins des personnes concernées. En effet, lorsqu’il est question de handicap, l’attention se porte souvent davantage sur les personnes à mobilité réduite, notamment celles utilisant un fauteuil roulant ou des béquilles.
Cette perception entraîne, d’après le responsable, l’absence ou l’insuffisance de certains dispositifs adaptés aux personnes sourdes. Une situation susceptible de renforcer chez ces dernières des sentiments de frustration et d’anxiété, tout en affectant leur bien-être psychologique.
« La question du handicap est transversale et nécessite l’implication de tous les acteurs », a-t-il fait valoir.
Dans cette perspective, le BSEIPH entend mobiliser différents partenaires, notamment des institutions étatiques, des organisations internationales et des écoles spécialisées, afin de réfléchir collectivement à la question de la langue des signes en Haïti.
Au-delà de la sensibilisation, cette Trentaine doit ainsi aboutir à l’élaboration d’une note de cadrage et d’une note méthodologique devant orienter le processus de codification et de standardisation de la Langue des Signes Haïtienne.
Modeline Youte
