Les prix des produits de première nécessité en Haïti poursuivent leur forte hausse, alimentée par une inflation alimentaire persistante et l’augmentation récente des tarifs des carburants à la pompe. Le coût de la nourriture a progressé d’environ 19,4 % en glissement annuel au milieu de l’année 2026, exerçant une pression accrue sur le budget des ménages.
En août 2026, un avis conjoint des ministères a relevé les prix des produits pétroliers : la gazoline est passée à 700 gourdes (HTG), le gasoil à 770 HTG et le kérosène à 765 HTG le gallon. Cette hausse renchérit directement le transport des marchandises vers les marchés publics de Port-au-Prince et des provinces. Les denrées de base comme le riz, l’huile de cuisson, maïs, haricots entre autres demeurent particulièrement vulnérables aux ruptures de stock et aux coûts d’importation.
Malgré une baisse du taux d’inflation à 17,5 %, les prix des produits essentiels restent à des niveaux élevés. Par conséquent, plus de la moitié de la population haïtienne, soit environ 5,7 à 5,8 millions de personnes, fait face à une insécurité alimentaire aiguë. Parmi elles, plus de 1,8 million se trouvent en phase d’urgence (niveau 4 de l’IPC) ou pire. Les conflits armés bloquent les routes, paralysent l’économie et provoquent des déplacements massifs, aggravant la faim et la perte des moyens de subsistance.
Selon l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), le taux d’inflation annuel s’est établi à 17,5 % en juillet 2026, contre 18,9 % en juin, avec une variation mensuelle de 0,9 %. Les produits locaux ont enregistré une hausse de 18,3 % sur un an, tandis que les produits importés ont progressé de 16,3 %. Les produits alimentaires affichent une augmentation de 19,0 %, notamment le riz, les viandes et les pois.
Malgré ce niveau élevé, le pays observe un phénomène de désinflation : les prix continuent d’augmenter, mais à un rythme plus lent que l’année précédente. L’Indice général des prix à la consommation (IPC, base 100 en 2017-2018) est passé de 624,0 en juin à 629,4 en juillet, traduisant des variations mensuelle et annuelle de 0,9 % et 17,5 %, contre respectivement 1,0 % et 18,9 % en juin.
Au niveau régional, l’Aire métropolitaine, le reste Ouest et la région transversale enregistrent les hausses les plus fortes, atteignant respectivement 18,5 %, 17,9 % et 17,3 %. Les autres régions affichent des taux d’inflation inférieurs à 16,9 %.
Likenton Joseph
