Quelques jours après l’attaque sanglante menée par des hommes armés de la coalition « Viv Ansanm » contre les habitants de la commune de Kenscoff, plusieurs dizaines de personnes ont marché ce jeudi 27 août 2026 pour dénoncer l’irresponsabilité de l’État haïtien face au nouveau massacre perpétré dans la nuit du 23 au 24 août dernier, ayant causé la mort de plus d’une quarantaine de personnes. Face à ce drame, les Kenscovites ont dénoncé la complicité des autorités de l’État et exigé une intervention musclée pour neutraliser les terroristes.
Vêtus de T-shirts blancs majoritairement, ces Kenscovites ont entamé leur mouvement vers 11 heures au carrefour Maroca. Ils ont parcouru la route de Dourette jusqu’au domicile du magistrat de la commune, Massillon Jean, avant de retourner devant les locaux de la mairie. À cet effet, ils ont exigé du maire qu’il assume pleinement ses responsabilités pour sauver la commune, affirmant vouloir regagner leurs foyers.
Sur leurs pancartes, les protestataires ont accusé les dirigeants en place de complicité avec les gangs. « Nou bouke konte kadav », « Aba lEta gang », « Nou anvi retounen lakay nou », pouvait-on notamment lire. Chassés sous les balles, les Kenscovites réclament la sécurité et affirment vouloir à tout prix retourner chez eux. D’après certains manifestants, depuis plus de 19 mois, les gangs ont pris d’assaut la commune de Kenscoff sans qu’aucune action concrète n’ait été entreprise par les autorités gouvernementales pour les neutraliser.
Alors que la commune était sous la menace des bandits, les citoyens affirment que les autorités locales n’avaient rien fait pour prévenir cette invasion. Selon Me Junior Elfilus, avocat et enseignant, bien que les autorités étatiques aient été informées de l’attaque, elles n’ont malheureusement rien entrepris pour empêcher le drame. Il affirme que la commune a été livrée aux groupes armés.
Parallèlement, les manifestants ont accusé le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de complicité dans cette tuerie. Selon eux, une réunion s’était tenue en présence de l’inspecteur Cadet et de représentants de la mairie, où la question de l’attaque sur la commune avait été évoquée. De surcroît, malgré plusieurs alertes diffusées sur les réseaux sociaux concernant Kenscoff, aucune décision concrète n’aurait été prise par les autorités locales pour renforcer la présence des forces de sécurité. Plusieurs massacres ont été perpétrés dans d’autres localités, notamment à Grand Fond et à Robin, sans réaction des autorités étatiques et policières. Les habitants exigent une intervention policière rapide pour contrecarrer les bandes armées.
De plus, les protestataires ont rappelé que depuis le 27 janvier 2025, des criminels armés ont envahi cette région autrefois très paisible. Depuis lors, les Kenscovites vivent sous le choc et la menace répétée des bandits. Ils ont fait savoir qu’ils n’ont pas d’autre demeure pour se réfugier. L’État devrait prendre ses responsabilités pour garantir la sécurité et la paix dans la commune. Ils dénoncent également l’irresponsabilité des dirigeants et affirment qu’ils n’ont pas besoin d’aides humanitaires, telles que des kits alimentaires, hygiéniques ou autres mais que leur seule revendication est de pouvoir retourner chez eux.
Par ailleurs, les Kenscovites ont lancé des appels pressants à la solidarité nationale contre ces crimes visant la population civile de Kenscoff. Ils accusent également la communauté internationale de complicité, affirmant que ces autorités se contentent de condamner chaque attaque meurtrière sans jamais poser des actions concrètes. Selon eux, les munitions utilisées par les gangs armés proviennent de pays étrangers, notamment des États-Unis. Ils exigent le renforcement de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti plutôt que le recours à des forces étrangères jugées inutiles.
Notons que plus d’une quarantaine de personnes de tous âges notamment hommes, femmes, enfants en bas âge et personnes âgées, ont été abattues dans la nuit du 23 au 24 août 2026 par des gangs armés de la coalition « Viv Ansanm ». À ce jour, selon les habitants, malgré la présence de plusieurs chars blindés stationnés aux alentours du commissariat, aucune intervention n’aurait été menée par les autorités policières pour repousser ou neutraliser ces criminels et permettre à la population de Kenscoff de regagner ses foyers.
Likenton Joseph
