Plus d’une quarantaine de personnes ont été massacrées dans la commune de Kenscoff par des gangs armés de la coalition «â€¯Viv Ansanm ». Face à ce carnage, la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH) dénonce un massacre atroce et accuse l’État d’inaction complice.
Me Alermy Piervilus, responsable de la POHDH, dit avoir appris avec indignation et consternation la tuerie perpétrée contre la population kenscovite. Il fustige l’absence de dispositions prises par les autorités étatiques et la police, malgré des alertes préalablement signalés l’imminence de l’attaque.
Un échec systémique du gouvernement
Selon Me Alermy Piervilus, secrétaire exécutif de la POHDH, le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé échoue à freiner l’escalade de la violence, malgré la présence de forces de sécurité privées et internationales. L’organisation appelle à une véritable rébellion citoyenne pour exiger la protection du territoire, dénonçant une population abandonnée et livrée à une insécurité croissante qui aurait profité même à certains acteurs politiques.
La POHDH condamne l’irresponsabilité des dirigeants de l’État, qu’il s’agisse de la police, des FAd’H, de la FRG, de la compagnie étrangère d’Eric Prince ou du gouvernement. Pour l’organisation, cette impunité découle d’un manque de volonté politique d’affronter les gangs armés. Les autorités, malgré des alertes répétées, n’auraient pris aucune mesure concrète pour anticiper les attaques, laissant la population livrée à elle-même.
Après chaque massacre, les autorités se limitent à publier des communiqués ou des notes de condamnation, sans jamais mener d’opérations pour neutraliser les bandits. La POHDH souligne que d’importants moyens financiers sont mobilisés pour recourir à des forces multinationales, à des firmes de sécurité privées ou à des unités de répression, mais que le résultat demeure «â€¯zéro » sur le terrain. L’insécurité et les massacres s’intensifient, les territoires tombent aux mains des gangs et les cadavres s’accumulent dans les quartiers. La population est sous le qui-vive.
Une insécurité perçue comme un «â€¯business »
Face à cette absence de résultats, l’organisation s’interroge sur un possible choix délibéré des dirigeants ou sur un complot organisé. Elle dénonce un «â€¯business » lucratif alimenté par la crise, où des contrats colossaux sont signés avec des firmes de sécurité privées et des forces multinationales comme (MMAS), sans impact réel. Selon la POHDH, l’insécurité semble planifiée et organisée pour enrichir certains acteurs, tandis que les autorités de transition multiplient voyages et dépenses publiques sans freiner la violence.
Le nouveau carnage, survenu dans la nuit du 23 au 24 août 2026, a fait plus d’une quarantaine de morts selon les autorités locales, et près d’une cinquantaine selon certains médias. De nombreuses personnes ont été blessées, des habitations incendiées, et des otages pris parmi la population. Les assaillants ont stationné longtemps sur les lieux, menaçant directement les habitants. Bien que des renforts policiers aient été envoyés, aucun bandit n’a été blessé ni capturé.
Ce massacre s’est produit alors que la communauté et les responsables locaux avaient transmis des renseignements précis sur l’imminence de l’assaut. Pourtant, aucune mesure préventive n’a été déployée par les autorités de l’État pour protéger la population.
Likenton Joseph
