D’après le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Fritz Patterson Dorval, le premier bilan du massacre de Kenscoff fait état de 24 morts, après le constat effectué par un juge de paix. De son côté, le DG de la PNH, Jonas Vladimir Paraison, qui s’est rendu sur les lieux quelques heures après cette nuit de terreur, a donné la garantie que le problème de l’insécurité sera résolu dans la commune. Il en a également profité pour démentir le maire de Kenscoff, Massillon Jean, qui évoque régulièrement un problème de consolidation des forces de l’ordre après les opérations policières menées dans la commune.
C’est une commune de Kenscoff qui s’est réveillée sous le choc. Tout au long de la journée, des citoyens de différents quartiers ont fui la zone. La majorité des véhicules de transport public que nous avons pu constater étaient chargés, non pas de produits agricoles comme cela se fait habituellement, mais plutôt de membres de la population qui, une nouvelle fois, semblaient avoir rassemblé leurs affaires pour quitter les zones devenues encore plus vulnérables après cette attaque menée par les hommes de la coalition « Viv Ansanm », à quelques mètres du commissariat, qui est logiquement la seule institution de défense du centre-ville, dans un contexte où la majorité des sections communales sont déjà tombées sous le contrôle des gangs.
En réaction, dans l’après-midi du lundi 24 août, une réunion de haut niveau s’est tenue au commissariat de Kenscoff, au cours de laquelle le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Frantz Patterson Dorval, Vladimir Paraison, DG a.i. de la PNH, le commissaire Cadet, qui dirige le commissariat, ainsi que Massillon Jean, maire de la commune, se sont réunis en tête-à-tête afin d’évaluer la situation sécuritaire.
Dans une intervention devant la presse, le DG de la PNH, André Vladimir Paraison, a évoqué les efforts déployés par la police pour sécuriser la commune, estimant que beaucoup de progrès ont été réalisés. Au micro de Radio Télé Pacific, il a apporté un démenti aux déclarations du maire de Kenscoff, qui soulève régulièrement un problème de consolidation, estimant que les forces de l’ordre ne restent pas toujours positionnées après les opérations visant à repousser les bandits. Face à une foule frustrée qui s’était massée devant le commissariat et qui dénonçait la passivité des dirigeants de l’État face à la montée de l’insécurité, le responsable, sur un ton très rassurant, a garanti que la sécurité reviendra à Kenscoff. "
« La population peut compter sur la police. La police est là pour reprendre le contrôle de la situation. Des renforts sont arrivés à cet effet », a déclaré le chef de la police.
Cependant, de nombreuses interrogations restent sans réponse face à la situation d’extrême violence qui règne dans la commune. De nombreux citoyens se retrouvent désormais sans abri, alors qu’ils n’avaient jamais souhaité vivre dans de telles conditions. Parallèlement, la faible partie de la population qui a choisi de rester dans la commune est très inquiète, car elle estime qu’il manque une réelle volonté de la part des autorités aux plus hauts niveaux de l’État pour résoudre le problème de la violence, qui dure déjà depuis plus de 20 mois dans cette zone autrefois très paisible.
Finalement, entre espoir et doute, les déclarations de Vladimir Paraison ont suscité de nombreuses réactions au sein de la foule. Plusieurs citoyens ont exprimé leur colère pour dénoncer le chef de la police, qui, selon eux, ne produit pas de résultats, mais utilise plutôt la propagande comme outil pour rester à son poste. Ces habitants de Kenscoff déclarent qu’ils ont besoin de sécurité, et non d’une aide humanitaire ni d’une faible assistance de l’État.
Oberde Charles
