Une nouvelle attaque armée a plongé la commune de Kenscoff dans la terreur, dans la nuit du 23 au 24 août 2026. Des individus lourdement armés ont investi plusieurs zones de la commune, semant la panique parmi les habitants. L’église La Nouvelle Alliance, qui accueillait notamment des personnes déplacées, a été prise pour cible. Plusieurs personnes auraient été tuées ou kidnappées, tandis que d’autres sont toujours portées disparues. Des maisons ont également été incendiées au cours de l’attaque.
D’autres secteurs de Kenscoff, notamment Fermathe 52 et Thomassin 48, n’ont pas été épargnés. Des tirs nourris y ont été rapportés, renforçant la peur au sein de la population.
Face à cette situation, le maire de Kenscoff continue de réclamer davantage de moyens pour permettre aux forces de sécurité de faire face aux groupes armés et de ramener un climat de sécurité dans la commune.
Quelques heures après l’attaque, le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, accompagné du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jean Fritz Patterson Dorval, s’est rendu à Kenscoff.
Interrogé sur les capacités de la PNH à sécuriser durablement les espaces repris aux groupes armés, Vladimir Paraison a assuré que la police n’avait jamais baissé les bras. Il a notamment évoqué les moyens matériels déployés et la présence constante des forces de l’ordre sur le terrain.
« La population de Kenscoff peut en témoigner, il y a toujours des blindés présents sur le terrain, on envoie toujours des renforts au besoin », a déclaré le directeur général a.i. de la PNH.
De son côté, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince a expliqué que sa présence à Kenscoff visait notamment à accompagner le juge de paix dans la réalisation des constats liés aux événements.
Mais au-delà des déclarations officielles, les habitants dressent un tableau particulièrement sombre de la situation. Des familles disent avoir perdu des proches, des amis d’enfance et des collègues dans des circonstances particulièrement violentes. D’autres restent sans nouvelles de certains des leurs.
Dans une commune régulièrement confrontée à la violence des groupes armés, les habitants disent ne plus savoir vers qui se tourner. Ils réclament avant tout le rétablissement de la sécurité et la possibilité de vivre sans craindre une nouvelle attaque.
La question reste désormais posée : les autorités répondront-elles aux appels répétés d’une population qui, depuis plusieurs semaines, ne cesse de fuir, de perdre ses proches et de réclamer des moyens pour retrouver la sécurité ?
À Kenscoff, la population attend toujours des réponses concrètes.
Sorah Schamma Joseph
