Selon les informations rassemblées par Le National, le Collectif des CFEFiens (Co-CFEF) et le REFERANS saluent le lancement des Centres d’enseignement supérieur technique (CEST) de l’Anse-à -Veau et de Petit-Goâve, ainsi que la création annoncée de l’Université publique de l’Ouest (UPO). Les deux organisations syndicales appellent toutefois le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) à garantir les conditions académiques, financières et institutionnelles nécessaires au bon fonctionnement de ces nouvelles structures.
Dans une note officielle publiée le 16 août 2026, le Co-CFEF et le REFERANS ont salué les récentes initiatives du MENFP visant à déconcentrer l’enseignement supérieur public en Haïti.
La rédaction du journal est en mesure de confirmer que les deux organisations se félicitent notamment du lancement du CEST de l’Anse-à-Veau, le 13 août, et de celui de Petit-Goâve, le 15 août. Selon elles, ces initiatives pourraient contribuer à rapprocher l’enseignement supérieur des jeunes vivant en dehors de la région métropolitaine et à réduire les inégalités territoriales en matière d’accès à la formation.
D’après le Co-CFEF et le REFERANS, la création annoncée de neuf CEST, rattachés administrativement aux universités publiques départementales, s’inscrit dans une dynamique de déconcentration et de décentralisation de l’enseignement supérieur. Ces centres pourraient également contribuer à mieux adapter l’offre de formation aux réalités économiques et sociales des différentes régions du pays.
Des conditions à garantir
Tout en accueillant favorablement cette orientation, les deux organisations mettent en garde contre une implantation qui ne serait pas accompagnée de moyens suffisants. À leurs yeux, la création d’un centre d’enseignement supérieur ne saurait se résumer à l’ouverture de locaux.
Elles réclament notamment la disponibilité d’enseignants qualifiés, de programmes adaptés, de bibliothèques, de laboratoires, d’équipements numériques et de ressources financières suffisantes. Elles insistent également sur la nécessité de mettre en place des mécanismes d’évaluation et d’assurance qualité.
Selon les informations recueillies par la rédaction du journal Le National, e Co-CFEF et le REFERANS souhaitent par ailleurs que chaque CEST dispose d’une offre de formation reposant sur une évaluation préalable des besoins socioéconomiques et éducatifs de son territoire.
L’UPO au cœur des préoccupations
La création annoncée de l’Université publique de l’Ouest constitue également un point central de la note. L’intégration annoncée du Centre de formation pour l’École fondamentale (CFEF), de l’École nationale de géologie appliquée (ENGA) et de l’École nationale supérieure de technologie (ENST) est considérée par les deux organisations comme une occasion de renforcer la structuration de l’enseignement supérieur public dans le département de l’Ouest.
Les organisations syndicales appellent toutefois à la mise en place rapide et transparente du rectorat de l’UPO. Elles souhaitent que le futur recteur soit désigné sur la base de critères académiques et professionnels, notamment la compétence, l’expérience, l’intégrité et la connaissance du système éducatif haïtien.
Pour le Co-CFEF et le REFERANS, la constitution du rectorat ne devrait pas être considérée comme une simple formalité administrative, mais comme une étape déterminante pour la crédibilité, la gouvernance et le fonctionnement de la nouvelle université.
Le CFEF appelé à jouer un rôle accru
La place du CFEF fait également l’objet d’une attention particulière. Les deux organisations estiment que son intégration à l’UPO pourrait contribuer au renforcement de la formation initiale et continue des enseignants, des conseillers pédagogiques, des inspecteurs et des directeurs d’école.
Elles proposent également d’étendre les activités du CFEF aux différents CEST afin de rapprocher la formation des personnels éducatifs des communautés scolaires à travers le pays.
Cette extension devrait, selon elles, préserver la mission et l’identité du CFEF, tout en favorisant la recherche en sciences de l’éducation, la didactique, l’évaluation des apprentissages et l’innovation pédagogique.
Appel au dialogue et au financement
Le Co-CFEF et le REFERANS plaident enfin en faveur d’un dialogue régulier entre le MENFP, les enseignants, les étudiants, le personnel administratif, les responsables institutionnels, les organisations syndicales et professionnelles ainsi que les autres acteurs concernés.
Les deux organisations encouragent également le gouvernement et les partenaires du secteur éducatif à mobiliser les ressources nécessaires afin de rendre l’UPO et les neuf CEST pleinement opérationnels au cours de l’année universitaire 2026-2027.
Le Co-CFEF et le REFERANS réaffirment ainsi leur soutien à la déconcentration de l’enseignement supérieur public, tout en insistant sur la nécessité d’une gouvernance transparente, de ressources suffisantes et du respect des exigences académiques pour garantir la pérennité et la qualité de la réforme.
Elmano Endara JOSEPH
