La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans plusieurs régions d’Haïti. Des affrontements entre groupes armés, des attaques contre les forces de l’ordre et le déploiement de nouvelles unités de sécurité continuent de rythmer l’actualité, notamment dans l’Artibonite, à Port-au-Prince et à Kenscoff.
Une attaque contre l’Arcahaie
Des individus armés affiliés au gang des Talibans, opérant notamment sur la route nationale numéro 1, dans la zone de Canaan, ont lancé dimanche 9 août une attaque contre la commune de l’Arcahaie. Selon les premières informations disponibles, l’assaut aurait débuté vers 11 heures du matin et se serait déroulé sur deux fronts, provoquant une vive tension dans plusieurs secteurs de la commune. Des policiers déployés dans la zone ont lancé des appels à l’aide et sollicité des renforts afin de faire face à l’offensive des assaillants.
Le bilan provisoire fait état d’au moins un chauffeur de camion tué par des hommes armés dans la localité de Bercy. Les affrontements ont également provoqué un mouvement de panique parmi les habitants. La situation demeurait tendue au moment de la collecte de ces informations.
La GSF déployée à Cité Soleil et à La Saline
À Port-au-Prince, la Force de Répression des Gangs (GSF) a annoncé son déploiement à Cité Soleil et à La Saline, où des affrontements entre groupes armés rivaux sont enregistrés depuis le 6 août. Cette intervention vise à renforcer les opérations de la Police nationale d’Haïti (PNH) dans les zones affectées.
Selon la GSF, son déploiement doit contribuer à stabiliser la situation, à protéger les populations civiles et à sécuriser les infrastructures essentielles. La force affirme agir en coordination avec la PNH afin de contenir les violences et de favoriser un retour progressif à la normale.
Les affrontements enregistrés depuis plusieurs jours dans ces quartiers ont entraîné de nouveaux déplacements de population et accentué les inquiétudes des habitants.
Plusieurs policiers blessés à Kenscoff
À Kenscoff, plusieurs policiers ont été blessés et un véhicule blindé de la PNH a été incendié lors d’une attaque attribuée à des hommes armés de la coalition « Viv Ansanm », dans la localité de Viard, vendredi 7 août. « Les agents de la PNH auraient été pris pour cible alors qu’ils tentaient de repousser une offensive de groupes armés dans la zone de Viard 2. »
Des soldats des Forces armées d’Haïti (FAd’H), appuyés par des membres des brigades de vigilance, ont été déployés en renfort afin de soutenir les opérations visant à reprendre le contrôle de la zone.
Renforcement du dispositif sécuritaire dans l’Artibonite
Dans l’Artibonite, les soldats de la Force de Répression des Gangs (FRG) ont été déployés le jeudi 6 août dans le département. Plusieurs hélicoptères transportant des membres de cette force sont arrivés aux Gonaïves, accompagnés de véhicules blindés et d’autres équipements opérationnels.
Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du renforcement des opérations de sécurité dans la région. L’objectif affiché est de contenir la progression des violences et d’empêcher une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire. Parallèlement, plusieurs enseignants participant à la correction des examens officiels d’État de 2026 ont suspendu leurs activités aux Gonaïves depuis le mercredi 5 août. Ils réclament la libération de l’un de leurs collègues, enlevé le samedi 1er août à La Croix-Périsse.
Dans le Sud, la PNH a annoncé l’arrestation, le mercredi 5 août, d’Alexandre Mackenson, alias « Shadrac », qui était recherché dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de deux jeunes femmes à Camp-Perrin. Selon la police, le suspect, interpellé alors qu’il se trouvait dans le département des Nippes, a reconnu son implication dans le crime et fourni des informations ayant conduit à l’arrestation de deux autres personnes.
Jameson Eloi, alias « 11 », a ainsi été arrêté dans la nuit du 5 au 6 août dans la zone de Tibi, à Camp-Perrin. Auguste Melou, présenté comme un complice présumé et employé comme agent de sécurité à l’Hôpital Immaculée Conception des Cayes, a également été interpellé. La PNH indique poursuivre ses recherches afin de retrouver un autre suspect identifié sous le nom de « Patchouko ».
Le DG de la PNH multiplie les opérations sur le terrain
À Port-au-Prince, le directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, poursuit ses descentes sur le terrain. Le Jeudi 6 août, le responsable de la police a été aperçu à Puits-Blain, où il supervisait un point de contrôle policier accompagné d’un important dispositif de sécurité. La veille, il avait déjà conduit une opération similaire à Delmas 32.
Lors de son passage à Puits-Blain, Vladimir Paraison a lui-même participé aux contrôles en faisant signe à plusieurs conducteurs de s’arrêter. Cette présence du chef de la PNH sur le terrain a attiré l’attention des riverains et des usagers de la route.
Vladimir Predvil
