Le Groupe d'appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) a exprimé, sa vive préoccupation face à la détérioration des droits fondamentaux des Haïtiens, tant dans le pays qu'à l'étranger. Lors d'une conférence de presse tenue à son siège, l'organisation a dénoncé la multiplication des expulsions de migrants haïtiens, souvent réalisées dans des conditions qu'elle juge inhumaines.
Le responsable de communication et plaidoyer du GARR, Stenley Orbruth Doriscar, a notamment abordé les conséquences de la fin du Statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis. Selon lui, Haïti ne dispose actuellement d'aucune condition permettant d'accueillir dignement les personnes renvoyées. Il a souligné l'absence de programme de réinsertion sociale susceptible de favoriser leur réintégration et estimé que ces déportations risquent d'avoir des répercussions importantes sur l'économie nationale.
Le GARR révèle que, durant le premier semestre de 2026, la République dominicaine a expulsé 140 018 ressortissants haïtiens, dont 94 435 hommes, 34 080 femmes, 5 924 garçons et 5 579 filles. Le poste frontalier de Belladère a enregistré le plus grand nombre d'expulsions, avec 33 634 cas, tandis qu'Anse-à-Pitres en a recensé 12 910. L'organisation indique également que ces chiffres sont en hausse par rapport à la même période en 2025.
En dehors de la République dominicaine, les États-Unis, les Bahamas, la Jamaïque ainsi que les îles Turks-et-Caïcos ont également procédé à l'expulsion de 1 702 Haïtiens au cours de la même période.
Le GARR attire aussi l'attention sur la situation des personnes les plus vulnérables. Entre janvier et juin 2026, 622 femmes enceintes, 1 236 femmes allaitantes, 619 personnes vivant avec un handicap et 938 mineurs non accompagnés ont été déportés à la frontière haïtiano-dominicaine. L'organisation fait également état de centaines de cas de refoulements et de retours spontanés impliquant ces mêmes catégories de personnes.
Le centre d'accueil du GARR à Belladère a assisté 4 464 migrants expulsés entre janvier et juin 2026. Parmi eux figuraient 3 630 hommes, 659 femmes, 183 filles et 189 garçons. L'organisation précise avoir accompagné 67 femmes enceintes, 64 femmes allaitantes, 162 personnes en situation de handicap et 67 enfants non accompagnés.
Au terme de cette conférence, le GARR a réaffirmé sa solidarité envers les migrants haïtiens confrontés à des politiques migratoires qu'il juge discriminatoires, notamment aux États-Unis, au Mexique et en République dominicaine. L'organisation a également dénoncé les actes de racisme, de xénophobie et les mauvais traitements infligés aux migrants, tout en réclamant une enquête sur les circonstances entourant la mort de plusieurs d'entre eux.
Le GARR interpelle les autorités haïtiennes afin qu'elles renforcent la protection des Haïtiens vivant à l'étranger et mettent en place des mécanismes d'accueil et de réintégration pour les personnes de retour au pays.
Sorah Schamma Joseph
