Le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), conformément aux dispositions de l'article 75 du décret du 22 août 1995 portant organisation judiciaire, informe que les travaux judiciaires de l'exercice 2025-2026 sont officiellement fermés à partir du 31 juillet 2026. Le Conseil invite les juges à statuer sur toutes les affaires mises en délibéré avant leur départ en vacances judiciaires, conformément à la loi.
Le magistrat Loubens Élysée, responsable du Réseau national des magistrats haïtiens (RENAMAH), dans une interview accordée au journal Le National, a fait le point sur l'année judiciaire qui vient de prendre fin, en prenant en considération le problème d'insécurité que traverse le pays.
L'un des aspects positifs de cette année a été, selon l'homme de loi, la tenue des assises criminelles dans divers endroits du pays, notamment à Petit-Goâve, Port-de-Paix, Gonaïves, Saint-Marc, Hinche, etc, mais surtout la reprise des assises criminelles avec assistance de jury après huit années à Port-au-Prince.
Sans compter les dossiers civils, les dossiers en référé et les affaires commerciales, pour le RENAMAH, le bilan de l'année judiciaire est donc positif.
Cependant, Loubens Élysée est revenu sur le principal défi rencontré par le système judiciaire cette année, mais aussi au cours de nombreuses années précédentes : l'insécurité.
Ce phénomène, qui affecte tous les secteurs du pays, n'a pas été favorable, une année de plus, à notre justice.
En effet, les juges ne peuvent se rendre dans les quartiers dominés par les groupes armés, soit pour une instruction, un interrogatoire ou toute autre démarche.
D'après le magistrat, cette situation a favorisé le développement de l'impunité. Un peu plus loin, le responsable du RENAMAH a formulé ses souhaits pour la nouvelle année judiciaire, qui débutera le premier lundi du mois d'octobre.
Il faudra que les autorités pensent à résoudre le problème de l'insécurité, mettre à la disposition des forces de l'ordre les moyens nécessaires pour récupérer les zones occupées par les gangs armés. De cette manière, les citoyens pourront circuler librement et les autorités judiciaires pourront, elles aussi, faire librement leur travail.
Il souhaite également voir améliorer les conditions de travail des magistrats. Les infrastructures sont détruites, délocalisées et, pour la plupart, mal aménagées. Dans d'autres juridictions, les magistrats ne disposent d'aucun moyen de transport pour procéder à des actes d'instruction.
« Par exemple, dans la ville de Jérémie, il y a un grave problème d'agressions sexuelles, mais malheureusement, les magistrats ne peuvent s'y rendre », ajoute Loubens Élysée. Il demande aussi plus de formations pour les magistrats et davantage de juges dans les tribunaux.
S'adressant à la population, il lui demande de faire confiance aux magistrats, de ne pas hésiter à dénoncer les personnes qui ne respectent pas la loi dans le système judiciaire, mais aussi d'encourager ceux qui font un travail honorable.
Sorah Schamma Joseph
