Les modifications apportées au décret électoral du 2 juin 2026, à la suite des décisions adoptées en Conseil des ministres le 2 juillet, continuent de susciter des réactions au sein de la classe politique. Le Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l'Organisation Alternative (CAHDOA), par la voix de son conseiller politique Raphaël André, estime que les changements opérés constituent une avancée vers la tenue des prochaines élections. Il invite toutefois le Conseil électoral provisoire (CEP) à publier rapidement le calendrier électoral afin de permettre le lancement effectif du processus.
Le Conseil des ministres a adopté, le 2 juillet dernier, une nouvelle version du décret électoral publié initialement le 2 juin 2026. Cette révision est intervenue à l'issue de plusieurs semaines de concertation entre le gouvernement, le Conseil électoral provisoire (CEP) et des représentants de partis politiques, après les nombreuses critiques suscitées par certaines dispositions du texte.
Les modifications apportées visent principalement à renforcer l'autonomie du CEP et à clarifier plusieurs dispositions liées à l'organisation des élections. Parmi les principaux changements figurent la révision de certaines mesures jugées susceptibles de limiter l'indépendance de l'institution électorale, ainsi que des ajustements destinés à améliorer la transparence et le fonctionnement du processus électoral.
Le décret révisé précise également les responsabilités du CEP en matière de contrôle des partis politiques. L'institution devra notamment vérifier les listes de membres, d'adhérents ou de sympathisants afin d'éliminer les doublons et de s'assurer de la validité des Numéros d'identification nationale uniques (NINU). Après cette étape, les listes seront transmises au ministère de la Justice et de la Sécurité publique, tandis que le CEP publiera la liste officielle des partis habilités à participer aux prochaines compétitions électorales.
Dans une interview accordée au journal Le National, Raphaël André, conseiller politique du CAHDOA, a salué les modifications apportées au décret électoral. Selon lui, il s'agit d'un signal encourageant qui laisse entrevoir une meilleure collaboration entre le gouvernement et le Conseil électoral provisoire dans la perspective de l'organisation des élections.
« Les modifications apportées constituent un bon pas », a-t-il affirmé, estimant que ces changements traduisent une entente entre le gouvernement et le CEP sur les conditions devant encadrer le processus électoral.
Pour Raphaël André, cette nouvelle étape doit maintenant être suivie d'actions concrètes. Il juge indispensable que le Conseil électoral provisoire publie, dans les meilleurs délais, le calendrier électoral afin que l'ensemble des acteurs politiques et la population soient informés des différentes échéances. Il appelle également le gouvernement à mettre en place les conditions sécuritaires, administratives et logistiques nécessaires au bon déroulement des scrutins.
Le conseiller politique du CAHDOA rappelle enfin que la tenue des élections demeure une priorité pour le pays. Selon lui, le retour à des institutions élues est indispensable pour assurer le fonctionnement normal des trois pouvoirs de l'État et contribuer au renforcement de la gouvernance démocratique en Haïti.
Sorah Schamma Joseph
