L'étudiant de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), Milot Exantus, a été atteint d'un projectile au niveau de l'avant-bras droit par un individu armé circulant à bord d'un véhicule, lors de la marche pacifique des étudiants de la FMP/EBMO-UEH. Ceux-ci exigeaient la relocalisation et la remise en service de l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH) dans les plus brefs délais, une revendication visant à leur permettre de poursuivre leur formation pratique et à faciliter l'accès de la population aux soins de santé, ce mercredi 1er juillet 2026.
Ce mouvement de protestation, qui a débuté comme à l'accoutumée devant le Rectorat de l'Université d'État d'Haïti (RUEH), avait pour objectif de se rendre devant la résidence officielle du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, afin de lui adresser leur message. Les manifestants ont toutefois été interrompus par les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes dans le but de les empêcher d'atteindre leur destination.
Pour faire valoir leurs revendications, les étudiants ne portaient que des pancartes réclamant la réouverture de l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH) dans un espace capable d'accueillir l'ensemble de ses services.
Tout au long de cette marche pacifique, les étudiants ont scandé des slogans et lancé des appels afin de sensibiliser les autorités à la nécessité d'agir pour permettre la remise en fonctionnement de l'HUEH.
Sur la route de Bourdon, un individu que les étudiants ont identifié comme un policier circulant à bord d'un véhicule a ouvert le feu à plusieurs reprises. L'étudiant Milot Exantus a été atteint d'un projectile au niveau de l'avant-bras droit. Ses camarades l'ont rapidement évacué afin qu'il puisse recevoir les soins nécessaires.
Cette situation a provoqué la colère des protestataires, qui ont alors érigé des barricades sur la chaussée avant de poursuivre leur mobilisation.
Par ailleurs, le président du Comité central, Esdras Paul, a exprimé son ras-le-bol face aux déclarations du ministre de la Santé publique, Sinal Bertrand, estimant qu'elles ne témoignent d'aucune volonté réelle de relocaliser l'hôpital. Il a rappelé qu'un espace avait déjà été identifié et qu'il ne restait plus qu'à procéder à son acquisition, une démarche qui, jusqu'à présent, n'a jamais été entreprise.
Les étudiants ont affirmé qu'ils manifestaient pour une cause juste et noble, qui constitue également la principale revendication de l'ensemble de la population haïtienne, en particulier des personnes les plus vulnérables.
«Au lieu que les dirigeants du pays prennent les mesures nécessaires pour créer les conditions propices à la réouverture de l'Hôpital général, ils préfèrent recourir aux forces de l'ordre pour exercer une répression contre nous. Dans ce contexte, nous dénonçons l'inacceptable désintérêt de l'État haïtien face à cette situation et exigeons des engagements concrets pour la relocalisation et la remise en service de l'HUEH, tout en rappelant que le droit à la santé, à la formation clinique et à des soins de qualité ne saurait être sacrifié », ont-ils dénoncé.
Par ailleurs, les étudiants menacent de poursuivre leur mouvement de protestation si le ministre de la Santé continue de les mener en bateau malgré les différentes rencontres déjà tenues avec lui. Ils rappellent qu'ils avaient déjà identifié le site de l'Hôpital de Communauté haïtienne qui, selon eux, dispose de la capacité nécessaire pour accueillir l'ensemble des services de l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH).
Rappelons que, depuis la tentative de réouverture de l'hôpital, situé à l'angle des rues Mgr Guilloux et Saint-Honoré, qui a donné lieu à une fusillade le 24 décembre 2024 au cours de laquelle plusieurs journalistes ont été victimes, les autorités n'ont pris aucune disposition pour relocaliser cet établissement sanitaire.
Yasmine Sanon
