Des étudiants de la Faculté de Médecine et de Pharmacie / École de Biologie Médicale et d’Optométrie de l’Université d’État d’Haïti (FMP/EBMO-UEH) se mobilisent pour exiger la relocalisation de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), fermé depuis deux ans.
Selon Milot Exantus, coordonnateur de la Commission de coordination de la mobilisation estudiantine pour la relance hospitalo-universitaire de l’HUEH (CCME-HUEH), la fermeture de l’hôpital remonte au 29 février 2024, à la suite de l’invasion du centre-ville par des groupes armés. Depuis lors, les étudiants peinent à poursuivre leur formation dans des conditions normales.
Il souligne que cette situation résulte d’une irresponsabilité de l’État, incapable jusqu’à présent de relancer les activités de l’hôpital. C’est pourquoi les étudiants lancent un appel à la population et à la communauté universitaire pour participer à une marche pacifique prévue le mercredi 18 mars 2026.
Par ailleurs, les étudiants précisent que cette mobilisation poursuit deux objectifs principaux. D’une part, il s’agit de contraindre les autorités à relocaliser l’HUEH de manière indépendante, sérieuse et bien organisée dans un espace adéquat. Ils exigent que l’État accorde à cet hôpital le même traitement que celui réservé à d’autres institutions publiques déplacées en raison de l’insécurité.
D'autre part, afin de permettre aux étudiants en médecine, aux infirmiers, aux sages-femmes, aux biologistes, aux optométristes et aux pharmaciens de poursuivre leur formation dans des conditions appropriées, notamment en accédant à des stages cliniques essentiels.
Faïmie Danelie Salien rappelle que l’Hôpital général ne représente pas seulement un centre de soins, mais également le cœur de la médecine en Haïti. Elle exprime sa profonde inquiétude face à la situation actuelle. « Aujourd’hui, le silence a remplacé l’activité de l’hôpital et des vies qui devraient être protégées sont désormais en danger », a-t-elle fait savoir, précisant que la fermeture de l’établissement constitue une perte considérable, non seulement pour les patients, mais aussi pour l’avenir des professionnels de la santé en Haïti.
« Un pays ne peut pas avoir d’avenir avec un système de santé à l’arrêt, et un système de santé ne peut pas fonctionner sans des médecins bien formés. L’Hôpital Général doit reprendre vie, l’Hôpital Général doit reprendre sa mission. Nous devons récupérer l’hôpital au cours du premier semestre 2026 : telles sont les revendications des étudiants », ont conclu ces étudiants.
Modeline Youte
