Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présenté officiellement le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, le lundi 23 février 2026. Plusieurs dizaines de représentants de partis politiques, de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, des membres de la société civile, du corps diplomatique et consulaire ainsi que des représentants d’organisations internationales, entre autres, étaient présents à cette cérémonie.
Cette démarche soulève toutefois plusieurs réactions du côté des acteurs qui ne partagent pas cette initiative.
En effet, le sociologue Delson Cius, membre de l’Accord Montana, s’est prononcé sur la question. Il affirme que l’Accord reste attaché à ses valeurs républicaines et estime que ce pacte met clairement en évidence les contradictions et les incohérences des acteurs qui le soutiennent, ce qui, selon lui, prouve leur incapacité à défendre les intérêts du pays.
Le sociologue va jusqu’à qualifier le document de « pacte de la honte ».
« Ces mêmes acteurs qui, aujourd’hui, ont signé le Pacte national pour la transition, prônant un gouvernement monocéphale, réclamaient le 23 janvier dernier une transition avec un gouvernement bicéphale », ajoute Delson Cius.
Selon lui, ce pacte ne repose sur aucune base légale. Il soutient que le Premier ministre n’a ni la capacité ni la légitimité pour engager l’État dans une telle démarche.
L’Accord Montana réaffirme ainsi son attachement à sa vision initiale : un gouvernement bicéphale accompagné d’une feuille de route claire.
De son côté, Iswick Théophin, membre de la structure Rassemblement national des forces organisées, rejoint l’analyse du sociologue. Il précise qu’il s’agit, selon lui, d’un contrat d’adhésion et non d’un véritable pacte signé. Il exprime également son incompréhension face à la situation, notamment en raison de l’absence de date de début et de fin clairement définies dans le document.
Ronald Laroche, membre de la Coalition Mains Propres, fait savoir que ce pacte s’inscrit dans une logique de négociation étatique où chacun chercherait à défendre ses propres intérêts, parlant même d’un « pacte pour vendre le pays ». La Coalition Mains Propres réclame la mise en place d’un organe de contrôle chargé de superviser toutes les actions entreprises au sein de l’État.
Par ailleurs, Ronald Laroche félicite la population pour sa maturité et son attitude face à la situation actuelle. Il affirme que la Coalition Mains Propres se tient aux côtés du peuple pour l’aider à mieux comprendre les enjeux et l’accompagner dans sa lutte afin de choisir les dirigeants appelés à exercer le pouvoir.
Si le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections se veut un cadre de sortie de crise, il continue néanmoins de susciter de vives critiques au sein d’une partie de la classe politique et de la société civile, révélant les profondes divergences qui persistent autour de la conduite de la transition.
Sorah Schamma Joseph
