La ville du Cap-Haïtien a de nouveau été frappée par d’importantes inondations à la suite de pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région depuis le mardi 24 février. Les principaux axes routiers coupés par les eaux en furie paralysant totalement la circulation et plongeant la cité christophienne dans une situation de quasi-urgence.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’ensemble de la commune, y compris ses trois sections communales, a été touché. Des quartiers entiers se sont retrouvés sous les eaux, obligeant des familles à quitter précipitamment leurs maisons.
Des écoles et des commerces ont dû fermer leurs portes, tandis que des institutions publiques fonctionnaient au ralenti.
Dans les zones les plus vulnérables, les eaux ont atteint un niveau inquiétant, pénétrant à l’intérieur des habitations et détruisant meubles, appareils électroménagers et stocks de marchandises. Les petits commerçants, déjà fragilisés par la conjoncture économique difficile, enregistrent des pertes importantes.
Plusieurs riverains dénoncent l’obstruction des canaux d’évacuation, l’absence de curage régulier des ravines ainsi que l’urbanisation anarchique qui accentue les risques d’inondation. « Chaque année, c’est la même situation », déplore un habitant du centre-ville, appelant à des solutions durables plutôt qu’à des interventions ponctuelles.
La situation a pris une tournure tragique dans la localité de Bassiko, située dans les hauteurs du quartier du Bel-Air lorsque 2 grosses pierres sont détachées d’une montagne avant de dévaler la pente à vive allure. Sur leur passage, elles auraient frappé plusieurs personnes et endommagé des habitations.
Le bilan provisoire fait état de plusieurs victimes, dont des blessés graves. Les équipes de secours, appuyées par des volontaires de la communauté, ont pu apporter assistance aux sinistrés malgré des conditions d’accès particulièrement difficiles.
Ces nouvelles inondations mettent une fois de plus en lumière la vulnérabilité environnementale du Cap-Haïtien. Le déboisement massif des mornes, l’absence de politique efficace de gestion des bassins versants et le manque d’infrastructures adaptées aggravent un peu plus la situation.
Malgré la gravité de la situation, un élan de solidarité s’observe dans plusieurs quartiers. Des habitants s’organisent pour secourir les familles piégées par les eaux, partager de la nourriture et offrir un abri temporaire aux plus vulnérables.
La population appelle les autorités locales et centrales à intervenir rapidement afin d’évaluer les dégâts, assister les victimes et surtout mettre en place des mesures préventives efficaces. Car pour beaucoup, il ne s’agit plus d’un simple incident climatique, mais d’un problème structurel qui menace chaque année la ville du Cap-Haïtien.
Hervé Delima
