Le comité de pilotage de la Conférence nationale, présidé par l'ancien Premier ministre Enex Jean-Charles, a présenté ce mercredi 21 mai, à la Villa d’Accueil, l’avant-projet de la nouvelle Constitution aux membres du Conseil Présidentiel de la Transition.
Selon Walta Jean Duliepre Clercius, secrétaire technique d’organisation de la Conférence nationale, cette initiative vise à doter Haïti d’un texte fondamental moderne, inclusif et en adéquation avec les réalités sociopolitiques contemporaines.
Une consultation nationale lancée
Le document soumis n’est pas définitif. Le comité invite l’ensemble des citoyens à formuler remarques, critiques et suggestions jusqu’au 25 juin 2025. Cette phase de consultation populaire est cruciale pour l’enrichissement du projet, a précisé le comité.
Fruit de plusieurs mois de dialogues, de consultations publiques et d’assises tenues à travers les dix départements du pays ainsi qu’à l’étranger, ce texte est présenté comme le reflet des aspirations du peuple haïtien. « Le Comité de pilotage exprime ainsi sa volonté inébranlable de livrer à la nation un travail fondé sur l’écoute, la participation citoyenne et le respect des principes démocratiques », peut-on lire dans la note accompagnant le document.
Une étape importante vers la transition, réagit le PM Alix Didier Fils-Aimé
Réagissant à cette présentation, le Premier ministre de la transition, Alix Didier Fils-Aimé, a salué un « pas significatif » dans la réussite de la transition politique. Dans un communiqué officiel, le gouvernement, à travers le Conseil Présidentiel de la Transition, a réaffirmé son engagement à conduire le pays vers la stabilité, la légitimité institutionnelle et un avenir durable.
« Dans un esprit de responsabilité, les autorités de la transition restent déterminées à refonder l’État, restaurer la confiance citoyenne et bâtir un ordre démocratique véritablement inclusif », a déclaré le chef du gouvernement.
Il a également lancé un appel à la mobilisation de tous les citoyens : « Ensemble, avec sagesse et foi en notre destin commun, nous pouvons remettre Haïti sur la voie de la stabilité, de la justice et du progrès. » De nouvelles propositions pour les collectivités territoriales et le fonctionnement des pouvoirs de l'Etat
Parmi les principales réformes proposées, l’article 13 accorde le droit de vote à tous les Haïtiens, qu’ils résident dans le pays ou à l’étranger, dans des conditions égales. Le texte introduit aussi un quota de 40 % de femmes à tous les niveaux de l’administration publique.
Concernant les collectivités territoriales, les sections communales seront désormais érigées en communes. Chaque commune sera administrée par un maire élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable indéfiniment. Les départements seront dirigés par un gouverneur élu au suffrage universel pour un mandat similaire.
Le corps législatif subira également des ajustements : la Chambre des députés sera renouvelée tous les cinq ans, et chaque département sera représenté par deux sénateurs. Des représentants de la diaspora seront également élus pour siéger au Parlement, avec des mandats de cinq ans. Enfin, le président de la République sera élu pour un mandat de cinq ans, rééligible une seule fois.
La proposition insiste particulièrement sur la décentralisation du pouvoir d’État, tout en cherchant à garantir l’efficacité de la gouvernance publique et la participation active des citoyens. Cependant, cette réforme constitutionnelle soulève encore des interrogations dans une société confrontée à une insécurité grandissante, principale préoccupation de la population haïtienne
Oberde Charles
