Près d'une soixantaine de blessés par balle ont été admis à l'Hôpital universitaire de la Paix entre le 11 et le 19 novembre, selon le directeur médical de l'institution sanitaire, Lerbourg Jean-Philippe.
Le nombre de victimes de balles perdues a connu une croissance exponentielle dans la région métropolitaine de Port-au-Prince au cours de ces derniers jours. Selon le personnel médical de l'Hôpital universitaire de la paix, le centre reçoit en moyenne entre une dizaine et une quinzaine de personnes présentant des plaies superficielles ou profondes, dont la majeure partie sont des jeunes hommes.
En l'espace de huit jours, 58 personnes touchées par des projectiles ont été enregistrées dans les murs du HUP de la paix. Parmi elles, deux cas de décès, ont précisé les responsables médicaux, qui soulignent que plusieurs blessés, atteints de plaies superficielles, ont été rapidement pris en charge et renvoyés chez eux. En revanche, les cas les plus graves sont gardés en observation aux soins intensifs, notamment dans les services d’orthopédie et de chirurgie.
L'offre de soins dans la zone métropolitaine devient de plus en plus limitée et insuffisante, alors que l'unique centre hospitalier public fonctionnel se dit submergé par la quantité de demandes. De nombreux centres de santé sont dysfonctionnels en raison de leur localisation, d'autres, sous la pression d'intimidations intenses, ont été contraints de fermer leurs portes. L'organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières a suspendu ses services pour des motifs de menaces de mort et de viols à l'encontre de son personnel.
La recrudescence de l'insécurité aggrave la précarité du système sanitaire haïtien, déjà en proie à de nombreuses difficultés. L'accès aux soins devient de plus en plus difficile tandis que les demandes affluent. De nombreuses femmes enceintes ont trouvé la mort faute de prise en charge, et le nombre de cas d'hypertension et de diabète augmente en raison du stress constant provoqué par la vague d'insécurité.
Sheelove Semexant
