Du 20 janvier 2017 au 20 janvier 2021, l’homme d’affaires, animateur et producteur de télévision, et figure politique désormais majeure dans l’histoire politique contemporaine Donald Trump, a occupé la fonction de président des États-Unis. Au cours de son premier mandat, il avait successivement eu pour homologue haïtien, le président provisoire Jocelerme Privert (14 février 2016 - 7 février 2017), qui allait céder le siège au président élu Jovenel Moise (7 février 2017 – 7 juillet 2021).
Donald Trump a été soutenu certainement par des membres importants et des personnalités évoluant au sein de la communauté haïtienne aux États-Unis lors des élections de 2016. Certains observateurs et analystes à l'époque croient qu'un tel soutien de la diaspora haïtienne à l'élection du 45éme président américain, se confirme surtout comme une réplique de ces derniers contre la politique de l’ancienne administration haïtienne, du président Barack Obama, envers Haïti.
Dans la journée du 9 novembre 2016, le président Jocelerme Privert allait transmettre à travers une note officielle de la présidence haïtienne, rendue publique sur les réseaux sociaux, «Ses plus vives félicitations au nouveau Président de la République des États-Unis d’Amérique, M. Donald John Trump, élu lors de la présidentielle américaine, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016.», au nom du gouvernement et du peuple haïtiens. Il en avait profité également pour formuler les traditionnels vœux “D’engagement à maintenir et à consolider les bonnes relations entre les deux pays.”, tout en formulant au nouveau président républicain élu des États-Unis : “Ses vœux de succès”.
Dans les jours qui suivent l’installation du président américain Donald Trump à la maison blanche, le 20 janvier 2017, ce dernier allait annoncer la composition de la délégation américaine pour participer à l’investiture du président Jovenel Moise le 7 février. Cette délégation était composée des personnalités suivantes: Thomas A. Shannon, sous-secrétaire aux affaires politiques du département d'État des États-Unis d'Amérique, l’ambassadeur Peter F. Mulrean, et du coordonnateur spécial pour Haïti au département d’État des États-Unis pour l'hémisphère occidental, et de l’ancien ambassadeur des États-Unis en Haïti, Kenneth H. Merten.
Donald Trump et son homologue Jovenel Moise. Une aventure géopolitique et diplomatique très contrastante, que l'on pourrait résumer dans les sept actes suivants : 1-La délégation des officiels américains qui ont participé à l’investiture du 7 février 2017 ; 2-La reconduction de l’ambassadeur d'Haïti à Washington Paul Altidor ; 3-L'arrivée de l’ambassadeur des Etats-Unis dans la capitale haïtienne ; 4-Les successions de prises de photos-souvenirs entre les couples présidentiels (Donald et Melania Trump) et (Jovenel et Martine Moïse), à New York, en marge de la 72ème session de l'Assemblée générale de l’ONU en septembre 2019, et celle de 2018 ; 5-La participation du président Jovenel Moise à la rencontre des pays de la Caraïbe à l’initiative des États-Unis ; 6-L'envoie de l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU en Haïti pendant les crises de "Pays-Lock" ; 7-Le vote d'Haïti contre le Venezuela en alignement aux choix géopolitique des Etats-Unis.
Durant le mois de mars 2019, le président Jovenel Moise allait participer avec d’autres dirigeants pro-américains des Caraïbes, à une réunion organisée sous le leadership des Etats-Unis, par le président Donald Trump. Ces rencontres visaient ainsi à définir une politique commune sur la situation au Venezuela et à contrecarrer l’influence économique et la stratégie émergente de la Chine dans plusieurs régions dans le monde, après l’Asie, le Moyen Orient, l’Afrique entre autres.
Dans le cadre de cette rencontre à la fois politique, économique et diplomatique, le président Trump allait renouveler l’engagement des États-Unis envers les Etats de la Caraïbe. Au cours du mini-sommet USA-Caraïbes, organisé le vendredi 22 mars, en Floride, le président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, a rencontré le président américain, Donald J. Trump, parmi d’autres chefs d’État et de gouvernement de la République dominicaine, de la Jamaïque, des Bahamas, et de Sainte-Lucie.
Deal diplomatique, le président Trump a renouvelé l’engagement des États-Unis envers des pays de la sous-région en échange de leur adhésion à la ligne dure de la politique étrangère des États-Unis, contre le régime politique du président Nicolas Maduro au Venezuela.
Durant les crises aiguës qui ont dominé le mandat du président haitien Jovenel Moise, entre les années 2018 et surtout en 2019, sur fonds de Pays Lock. Le journal France24, dans son article du 21 novembre 2019, portant le titre : “Crise en Haïti : "Le maintien de Jovenel Moïse au pouvoir ne tient qu’au soutien de Washington".”, rapporte dans les premières lignes: " Alors qu’Haïti s’enfonce depuis plus d’un an dans la crise, le président Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir avec le soutien des États-Unis. La diplomatie américaine pourrait toutefois évoluer sur ce dossier : son ambassadrice à l’ONU a été envoyée sur place, mercredi, pour rencontrer le président et les manifestants.”. l’article souligne : “Enfin, les États-Unis ont envoyé hier [mercredi 20 novembre] leur ambassadrice aux Nations unies, Kelly Dawn Knight Craft, pour rencontrer le président et l’opposition, mais rien ou presque n’a filtré des discussions.”.
Dans le paragraphe suivant du même article, on peut lire en guise de conclusion : “En fait, tout dépend des États-Unis. Depuis 1915, tous les présidents haïtiens ont reçu l’aval des Américains et le maintien actuel de Jovenel Moïse au pouvoir ne tient qu’au soutien de Washington. Les États-Unis sont reconnaissants du vote du président haïtien, en janvier 2019, lors du sommet de l’Organisation des États américains (OEA), contre la reconnaissance de la légitimité du pouvoir de Nicolas Maduro au Venezuela. Par ailleurs, les États-Unis cherchent toujours à avoir accès à une partie du territoire haïtien, qui est richement doté en ressources minières, pour ses propres entreprises.”.
Diplomatie, dignité, domination, dépendance, dépassement, développement, dette, deal et dialogue: tels sont les principaux concepts que les anciens présidents haïtiens incluant le feu Jovenel Moise autant que l’actuel président du Conseil présidentiel de Transition, Lesly Voltaire, et obligatoirement tous les futurs candidat aux prochaines élections présidentielles en Haiti et aux futurs chefs d’Etat d'Haïti, les hommes et/ou les femmes qui se succéderont dans les mois et les années à venir, devraient prendre en compte dans leurs réflexions politiques, la recherche du pouvoir et les relations au sommet entre les deux premiers États du continent Amérique:les Etats-Unis et la République d'Haïti.
Du 45ème président des Etats-Unis, Donald Trump élu pour un nouveau mandat présidentiel qui devrait débuter en janvier 2025, on retiendra lors de ses deux campagnes électorales victorieuses contre deux femmes candidates démocrates (Hillary Clinton en 2016) et (Kamala Harris en 2024), et sans oublier pendant son passage à la maison blanche un menu riche en des propos orduriers, des préjugés raciaux, des promesses électorales sans suite, des politiques migratoires rigides, des priorités géo-politiques nationalistes, et des préférences migratoires foncièrement discriminatoires.
Discours populistes se melangent avec un sentiment nationaliste protectionniste et parfois raciste. La République d’Haïti semble souvent malheureusement se trouver dans la ligne de mire de ce dirigeant politique américain, qui se trompe souvent de cible.
Dans cette liste non exhaustive, on retiendra du président Donald Trump une liste d'interventions autour d'Haïti et de sa diaspora. En dehors des critiques qu'il a lancé pendant les campagnes électorales de 2016, contre les Clinton (Bill et Hillary, et leur fondation), accusant ces derniers dans le détournement des fonds de la reconstruction d’Haïti au lendemain du 12 janvier 2010. Un fait non-rejeté par les concernés, il faudra retenir les promesses électorales lancées par le candidat Trump, lors de sa visite en 2016 à Little Haïti (Miami) pour devenir le "Champion" des migrants haïtiens (On connaît la suite).
D'autres faits importants, mais surtout dégradants et discriminatoires visant les milliers de migrants, incluant les Haïtiens fuyant les violences en Haïti, qui cherchent à traverser les frontières séparant le Mexique des États-Unis. Le président Trump allait jusqu'à traiter en 2018, les pays d’Afrique, Haïti et El Salvador de “Shithole”. Envers et contre les migrants originaires des pays du sud, en dehors des menaces de déportation massive de ces derniers, lors de son face à face avec sa rival Kamala Harris, il allait inaugurer pendant la campagne électorale de 2024, un nouveau chapitre discriminatoire, accusant de mangeurs des animaux domestiques (les chiens et les chats, entre autres) des migrants évoluant dans les villes et régions de Springfield, parmi lesquels figurent des centaines et milliers de membres de la diaspora haïtienne évoluant aux Etats-Unis.
D'ici la fin du mois de décembre 2024, et en particulier au cours des premières semaines de Janvier 2025, les plus hautes autorités politiques et diplomatiques d’Haïti, en particulier la présidence haïtienne devrait penser au choix des personnalités qui vont constituer la prochaine délégation haïtienne qui participera à la cérémonie d'investiture du 47ème président des Etats-Unis, à Washington.
Dans l'écriture du livre d’histoire des relations entre Haïti et les États-Unis, débutera d'ici janvier 2025, le nouveau chapitre qui abordera l'aventure présidentielle durant le deuxième mandat à passer à la Maison-Blanche par Donald Trump, avec les représentants de la première République noire au monde, les présidents d'Haïti.
Dominique Domerçant
