Dans le budget de l’exercice fiscal 2024-2025, la police et l’armée ont toutes deux bénéficié d’une part significative des montants alloués aux ministères de la Justice et de la Défense. Trente-six milliards neuf cent soixante millions sept cent trente-deux mille trois cent soixante-dix-huit gourdes (36 960 732 378 gourdes) ont été accordés à ces deux institutions de l’État, dont la mission est de rétablir la sécurité, d’assurer l’ordre et de garantir la paix dans le pays, qui est depuis quelque temps assiégé par des groupes armés opérant sans aucune crainte dans plusieurs régions, notamment les départements de l’Ouest et de l’Artibonite.
Pour l’exercice 2024-2025, parmi les objectifs fixés par le Ministère de la justice et de la sécurité publique (MJSP), il est mentionné que le Ministère va renforcer les capacités de la PNH, en évaluant et en optimisant l’utilisation du personnel, mettre à disposition de l’institution des équipements et matériels et renforcer sa capacité de gouvernance. Parallèlement, pour garantir la sécurité publique dans le pays, le MJSP souhaite renforcer la lutte contre la criminalité, notamment les enlèvements, les séquestrations en collaboration avec des acteurs de la classe politique et de la société civile.
«Intensifier la lutte contre l’insécurité et la prolifération des gangs armes pour une meilleure protection des vies, des biens et des citoyens. Redéfinir le plan d’opération visant au démantèlement des groupes armes et criminels à travers le pays ; renforcer l’effectif de la PNH en compétences et adapter la qualité de la formation des policiers », sont entre autres certaines des mesures fixées par le Ministère. Pour cela, un montant de vingt-neuf milliards neuf cent quatre-vingt-quatre millions six cent vingt-cinq mille trois cent trente-huit gourdes (36, 960, 732, 378 gourdes) ont été accordées a la PNH, soit plus de 80% du crédit budgétaire alloué au ministère de la Justice.
Toujours dans la lutte contre l’insécurité, Le ministère de la Défense est considéré comme l’une des entités du pays qui peut aider au rétablissement de l’ordre. Dans le document du budget on a pu voir qu’on a fixé aux FAD’H les objectifs suivants : participer activement de concert avec la police nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre la prolifération des gangs armes, la lutte contre le trafic des armes et stupéfiants et la lutte contre la cybercriminalité. S’engager dans des opérations de nettoyage et de sécurisation de certains quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Renforcer le contrôle des frontières terrestres, maritimes, fluviales et aériennes.
Assister la population civile, en cas de catastrophe ou de situation d’urgence etc…
En outre, le Ministère de la défense dispose d’une enveloppe de 7, 914, 038, 566 gourdes ; à elles seules les forces armées d’Haïti ont bénéficié de plus de 6 milliards de gourdes, plus de 80 % de la pondération du crédit budgétaire accordé à ce ministère.
Concernant l’effectif des policiers enregistrés par le Ministère de la justice pour l’exercice en cours, il y a 11 926 hommes et 2 327 femmes, au total 14 253 policiers avec un salaire moyen de 44, 800 gourdes et une masse salariale de 638, 535, 800 gourdes. Au niveau de l’armée, il y a 741 hommes, 124 femmes, dont un total de 865 soldats avec un salaire moyen de 38 619 gourdes et une masse salariale de 33, 405, 150 gourdes.
Cependant, la crise sécuritaire en Haïti ne fait que de se détériorer. Ces dernières semaines, les groupes armés ont multiplié leurs exactions au niveau de la capitale. Ils ont lancé des attaques contre les habitants des quartiers de Solino et de l’Arcahaie. Pour l’instant, les forces de l’ordre n’ont pas le plein contrôle de la situation. De fait, les bandits utilisent des réseaux sociaux pour faire de la propagande, semer la terreur ou annoncer leurs éventuelles attaques.
En effet, malgré la présence de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSSS), les opérations policières n’ont pas été jusqu’à date abouti au démantèlement des puissants groupes armés qui occupent plus de 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. S’il y a peut-être une quelconque volonté de la part des autorités de l’Etat, il y a aussi ce manque de matériels adéquats et cette absence de soutien de la part de la communauté internationale qui pourraient vraiment aider le pays à sortir de ce marasme.
Oberde Charles
