Si les élections se déroulent plus ou moins bien et qu’un Président élu ne provient pas de la camarilla qu’on connait, cette camarilla qui a joui des transitions, experte en marchandage pour le partage du trésor national, on risque de connaître les habituels grabuges pilotés par de prétendues oppositions. Car, si ce n’est pas un président qui n’est pas de cette camarilla, c’est qu’il a été choisi par la population qui vomit cette classe politique qui nous a menés dans ce chaos que l’on connait actuellement. Ce Président ne voudra pas rentrer dans le jeu du partage du gâteau. Il devra rompre avec ces pratiques qui font de nous un État failli, voyou.
On connait comment ces politiciens sont experts dans les pratiques les plus nauséabondes, les plus kokoratistes en matière de déstabilisation. Même les détritus dans les rues deviennent une arme. Les cadavres dans les morgues qu’on laisse aux carrefours. On s’entend même avec les bayakou quand on n’est pas soi-même l’un de ces vidangeurs.
La maitrise et la neutralisation de ces politiciens seront des tâches prioritaires pour tout gouvernement qui voudra sincèrement œuvrer au relèvement de ce pays. Une tâche qui ne sera pas facile, car la faim, le grangou pour mieux dire, détruit les corps et malheureusement aussi les âmes. Il y a une nuée de citoyens, plein d’abolotyo, qui ne se soucient pas de la bonne marche de l’État, mais seulement de calmer les gargouillis de leur ventre vide. On peut comprendre que la faim fait sortir les loups du bois. Mais le devoir d’un vrai dirigeant c’est de faire en sorte que les loups ne se risquent pas à sortir du bois. Il faut que ces dirigeants transforment ce bois en espace où chacun peut travailler et se donner une raison de vivre.
Mais on a le droit d’être inquiet quand on voit que l’offre électorale jusqu’à ce jour à des relents de nourriture rejetée par l’estomac. Dans ce jeu comme du renouveau de la malédiction, peut-on voir une pulsion suicidaire de la nation, un attachement au kokoratisme ou la main des puissances étrangères racistes qui, par ces temps troubles avec l’émergence de nouveaux leaders sur le continent africain, ont tout intérêt à prouver au monde l’incapacité d’un peuple noir à se diriger ? Un peuple qui se vante d’avoir accompli l’une des plus grandes révolutions de l’histoire et qui se retrouve aujourd’hui dans ce « kalfou tenten ».
Gary VICTOR
