Au sixième mois de l’année 2026, nos routes sont encore sous le contrôle des gangs. Les déplacements de la capitale vers le Grand Sud, le Nord, le Centre et d’autres zones du pays demeurent périlleux. Les bandits ont placé partout des postes de péage et à part ceux qui ont l’autorisation des gangs peuvent passer sans payer en toute sécurité.
Dans l’histoire du monde, depuis l’Antiquité, aucun centre de pouvoir organisé n’a accepté que des bandits tiennent des voies qui empêchent la communication entre une capitale et le reste du pays. C’est un affront au pouvoir central, un déni d’autorité qu’il ne peut accepter. Un pouvoir central n’a aucun intérêt à être partie prenante d’une telle segmentation du territoire, vu qu’il est seul détenteur de la violence légale. Les activités économiques légales ou illégales doivent être toutes sous son contrôle.
Notre pays devient donc presque un cas d’études, car voici un pouvoir central qui, depuis des années accepte que des parties du territoire soient contrôlées par des bandes armées rejetant l’autorité de l’État, du moins apparemment. On dit bien apparemment, car on peut se trouver dans l’hallucinant cas de figure où l’État ou du moins des secteurs de l’État soient parties prenantes de cette dérive criminelle. C’est ce que la population soupçonne depuis le début de son calvaire.
Il y a un terme créole qui veut dire mensonge, farce, canular. Bobin ! Au début de l’année, un ministre du gouvernement avait annoncé que les routes seraient ouvertes le 7 février, une date qui semble posséder une sorte de pouvoir magique dans l’esprit de nos dirigeants. Jusqu’à présent, les gangs tiennent leur position. Le plus délirant, c’est que, pendant que la police, semble-t-il, effectue des opérations à quelques mètres de là, les bandits tiennent des postes de péage et jouent aux dominos comme si de rien n’était. Cela peut laisser croire n’importe quoi.
Le délire continue avec ledit conflit entre l’Exécutif et le Conseil Electoral concernant l’organisation des élections. Tout est question de sou, de budget. C’est comme discuter du sexe des anges, car le citoyen le plus borné comprend très bien qu’aucune élection ne peut être organisée dans un pays où il n’est pas possible de se déplacer librement.
Tout autant que les voies de communication sont ainsi contrôlées par les gangs, aucune légitimité ne peut être reconnue aux dirigeants en place, car la preuve de leur incompétence est flagrante, si ce n’est pire leur complicité dans le chaos qui nous broie.
Déclarations, démonstrations de forces, élections… Bobin !
Tout autant que n’est pas rétablie la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble de notre territoire.
Gary Victor
