Pour beaucoup qui se la coulent douce à l’ombre des privilèges d’un pouvoir non dédié à la cause nationale, tout ce qui vient gommer les façades et révéler les laideurs de la réalité doit passer sous les couperets de la guillotine. De nos jours pourtant, avec les développements hallucinants des matériaux informatiques, il est très difficile d’empêcher la circulation de l’information. Même si on essaie de créer des artifices légaux, un os à tout moment risque de passer à travers la gorge.
Ce qui rend la tâche encore plus difficile à ceux qui aimeraient bien que la locomotive roule sans mauvaise surprise dans les ténèbres de la continuité, c’est que la nature, en particulier nos fragilités, vient constamment rappeler les sables mouvants sur lesquels nous persistons à construire des mirages qui ne peuvent même pas prétendre être de bonnes illusions
Le pouvoir chez nous n’a jamais été compris comme la gestion du territoire et de ses ressources dans le but de garantir à la génération actuelle et surtout aux générations futures une existence décente. Le pouvoir reste simplement un lieu d’exploitation avide des ressources, sans même penser aux conditions de leur renouvellement, en se plaçant dans un court terme qui dénie à la fois à la population actuelle et future toute possibilité de s’en sortir. Les conditions pénibles de vie dans notre pays ne sont pas dues à un manque de ressource, mais au pillage de ces ressources par des groupes, se renouvelant aussi grâce à la dynamique de la précarité, qui se considèrent depuis des lustres comme des ayants droit.
La population paie lourdement les conséquences. Elle est dans des pratiques de survie qui lui ôtent toute chance de changer ses conditions d’existence. Tout pouvoir ayant comme objectif la rédemption de notre patrie devra prendre des décisions dans un premier temps impopulaires parce qu’il ne peut y avoir de choix entre des intérêts immédiats et les intérêts de la nation et donc des générations futures. Chaque fois, la nature nous rappelle que nous sommes sur le mauvais chemin. Chaque fois, nous faisons la sourde oreille. Des animaux peuvent se complaire dans la boue et dans la crasse. Mais nous sommes des Hommes. Il faudra bien un jour que cette vérité, nous nous l’enfoncions dans notre crâne pour prendre d’assaut les places fortes de la bêtise.
Gary Victor
