Du 4 juillet 2026 pour les États-Unis, au 1 janvier 2054, pour Haïti, les deux premières nations indépendantes dans ce que fut, soi-disant le nouveau monde pour les puissances européennes colonialistes et esclavagistes à partir de 1492, actuel continent Amérique. Que symbolisent ces deux grandes dates, de façon respective et dans leur relation profonde ? Pourquoi faut-il inévitablement les rapprocher, et dans quel sens ?
Diplomatie culturelle proactive: le projet d’un musée binational, ouvert entre le 4 juillet 2026 et le 1er janvier 2054, serait une entreprise unique : raconter l’histoire des deux premiers États indépendants du continent américain. Ce musée ne serait pas seulement un lieu de mémoire, mais un laboratoire culturel et diplomatique, où les Haïtiens pourraient explorer les multiples dimensions des États-Unis à travers l’histoire, l’art, la littérature, la musique, le cinéma et les institutions muséales.
Dans un premier temps, l’ensemble des collections seraient formatées autour du nombre symbolique de 250, en signe de consécration, de commémoration, de célébration, mais surtout de représentation des passifs et des actifs, pour définir de nouvelles bases de négociation plus respectueuses autour des relations entre les deux pays ? 1776-2026 pour les États-Unis, 1804-2054 pour Haïti.
Des salles d’expositions porteraient ainsi les marques ou marqueurs suivants: 250 livres que les Haïtiens doivent consulter pour comprendre chacune des décisions et les réactions des héritiers de Georges Washington envers les héritiers de Jean-Jacques Dessalines ? Quels sont les 250 tableaux qui expriment ou expérimentent le plus l’histoire et l'évolution des relations entre Haïti et les États-Unis ? Quels sont les 250 films, poèmes, chansons, images, villes, quartiers, rues, qui rapprochent ou racontent des histoires et portent les traces ou cicatrices entre ces deux nations ?
Dans l’histoire entre ces deux pays, les États-Unis et Haïti, comment identifier les 250 thèses de doctorat ou recherches scientifiques réalisées par les universitaires, professeurs, et chercheurs autour des thématiques les plus pertinentes abordant les relations ou les faces cachées dans la trajectoire de ces deux nations dans l’histoire universelle. Pourquoi faut-il décrypter la part d'Haïti dans la grandeur des États-Unis ou l’inverse, comme la part des États-Unis dans le malheur d'Haïti ?
Derrière chaque action des États-Unis envers Haïti, il y a une réponse dans ces œuvres : Les livres expliquent les idéologies : Les films montrent les représentations ; Les chansons traduisent les émotions ; Les expositions révèlent les mémoires ; Les musées incarnent la transmission. Pourquoi identifier ces œuvres ? Les répertorier, les étudier, les classer, les exposer, les présenter et les proposer aux enfants et aux jeunes, aux familles et aux universitaires haïtiens, aux américains nés de parents haïtiens en particulier qui vivent aux Etats-Unis ?
Découvrir de façon objective les deux faces d’une même médaille ?
Difficile pour Haïti, de prétendre programmer, préparer ou projeter la commémoration du 250e anniversaire de son indépendance en 2054, sans prendre en compte la place et le poids de l’influence des États-Unis sur le devenir du continent ? Seuls les naïfs persistent et signent par tous les moyens des projets illusoires, sans de véritables bases solides qui risquent de subir le même sort de 2004.
Dans chacune des collections qui vont enrichir ce grand musée virtuel et réel, en attendant que les dirigeants haïtiens et la diaspora haïtienne aux États-Unis, les deux premiers bénéficiaires de la bonté de l’Oncle Sam investissent, il y aura une somme importante de connaissances, d’information et de compréhension à dégager. Ce projet de musée est avant tout une école de conscience, une plateforme de dialogue culturel, et un outil diplomatique pour construire un avenir partagé en 2054.
250 Films et tableaux pour comprendre les leviers qui influencent les relations entre Haïti et les États-Unis ?
Des visages historiques, et des paysages entourant les acteurs les plus influents et les plus déterminants seront à l'honneur. Les visiteurs pourraient explorer tous les trésors qui composent cette galerie de peintures qui retrace les grandes étapes de l’histoire américaine et haïtienne. On peut citer la Révolution américaine et la Révolution haïtienne ; Les luttes pour les droits civiques aux États-Unis et les combats pour la démocratie en Haïti ; Les portraits de figures emblématiques comme Toussaint Louverture et Martin Luther King.
Dans une cinémathèque historique, il sera possible de voir les classiques du cinéma américain, autant que les films haïtiens et documentaires sur l’histoire du pays. Des projections croisées pour montrer comment les deux nations se représentent mutuellement.
250 ouvrages sur l'histoire des États-Unis et Haïti ?
Des collections qui proposeront 250 ouvrages de référence, comme la principale bibliothèque vivante que tous les dirigeants haïtiens devraient lire en permanence et maîtriser constamment les différents chapitres. L’ensemble des textes fondateurs des deux Nations, tels la Déclaration d’indépendance américaine, la Constitution haïtienne de 1805). Des romans afro-américains et haïtiens qui explorent la liberté et l’identité. Les essais politiques sur les relations bilatérales, en passant par les poèmes engagés et inspirés par les couleurs des plantations, des rivières, des combats, et des victoires entre les deux terres d'accueil, d'asile et d'espoir partagés entre ces deux grandes nations.
Découvrir les relations entre Haïti et les États-Unis à travers une sélection de 250 chansons ? Des compositions qui feront écho à certains refrains comme : "New York City", "Guantanamo", "Yo", parmi tant d'autres compositions, des créations musicales devenues des classiques.
Des playlists thématiques sur la liberté, la migration et la solidarité entre ces deux nations. Une salle musicale interactive serait ainsi aménagée pour faire découvrir aux Haïtiens l'essence et le sens des tendances comme le Jazz, les blues et le hip-hop américains dans leurs frontières anthropologiques ou sémantiques partagées et intimement liées, en dehors ou en accord avec le Compas, le Rara et le Twoubadou haïtiens.
250 Musées aux États-Unis à visiter par la diaspora haïtienne ?
Dans cette exposition virtuelle, le public va pouvoir découvrir les grands musées américains (Smithsonian, MoMA). Les enfants de la diaspora autant que leurs parents, seront finalement sensibilisés autour de l'économie du savoir et de la mémoire de leur pays d'accueil, en dehors des festivals, des concerts, bals, foires, et des visites dans les chaînes de magasins…
Des musées haïtiens seront invités à mettre en valeur l'heritage des Etats-Unis, a travers ses multiples traces et fragments institutionnels, comme le Musée du Panthéon National Haïtien, le Centre d'Art, avec Dewitts Peter, le Musée Nader qui a rendu hommage aux victimes du 11 septembre 2001, le Musée des Femmes d'Haïti qui a exposé les plus influentes femmes d'origine africaine aux États-Unis aux filles du Lycee Marie Jeanne en 2022.
Des parcours comparatifs sur la mémoire et l’identité ?
D'autres expositions à voir sur les droits civiques: Elles permettront de relier les luttes afro-américaines aux combats haïtiens pour la justice sociale Une autre exposition sur les migrations, permettra aussi d'explorer les flux migratoires, les espoirs et les défis. Une exposition sur les catastrophes naturelles pourquoi pas ? Des expositions sur la culture populaire, en passant par le Vodou, sachant que le KOSANBA dispose de l'un des meilleurs carnets d'adresses des scientifiques américains qui investissent le Vodou depuis plusieurs annees, seront à l'honneur dans ce musée. Une belle occasion pour mettre en avant la musique, la danse et la mode comme vecteurs de dialogue.
Des expositions sur l’avenir des relations entre les deux pays, autour du nombre 28. Les 28 ans qui séparent 1776 de 1804, de 2026 à 2054, et qui rappellent bien la date du 28 juillet, symbolisant la première occupation américaine d'Haïti, et tous les passifs qui l'accompagnent. Imaginer les perspectives de 2054 : un partenariat équilibré, durable et respectueux ? Pourquoi et comment ? Certainement pas sans une maîtrise par les élites haïtiennes des savoirs, couloirs et pouvoirs de l'empire des États-Unis, dans ce nouvel ordre mondial en cours.
Dans ce musée, sera constituée une collection unique : 250 tableaux, 250 films, 250 ouvrages, 250 chansons et 250 musées, et d'autres œuvres artistiques, scientifiques, organisés sur 28 ans, pour raconter l’histoire des États-Unis aux Haïtiens et celle d’Haïti aux Américains. Derrière chaque action des États-Unis envers Haïti, les réponses se trouvent dans ces œuvres : les livres expliquent les idéologies, les chansons traduisent les émotions, les films montrent les représentations, les expositions révèlent les mémoires, et les musées incarnent la transmission.
Dominique Domerçant
