Disait Frida Kahlo: « J'ignore si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu'ils sont l'expression la plus franche de moi-même ».
Des figures féminines d'origine haïtienne de références, inscrites depuis plusieurs années dans la pratique des arts plastiques et visuels, continuent de briller sur tous les toits du monde, et en particulier dans la diaspora haïtienne. Elles s’organisent au sein du Collectif d’artistes femmes haïtiennes (HAWFA), pour offrir au public leur exposition inaugurale autour du thème : « Continuum : Héritage et Expression ».
Depuis le mercredi 27 mai 2026, l’art s'écrit au féminin pluriel à l'encre de la culture haïtienne, à la fois riche, diversifiée et universelle.
Dans la liste des talents mobilisés dans cette dynamique à la fois artistique, culturelle, esthétique et entrepreneuriale, on retiendra les noms des artistes peintres et plasticiennes suivantes: Annick Duvivier, Claudia Apaid, Hélène Boisson, Myrtho Célestin, Valerie Lambert (Inaté Art D’Étain), Dominik Ambroise, Dominga Leroy, Sophia Lacroix et Rachelle Scott.
D’un mélange de vision, de passion, d'engagement et de solidarité, leur nouvelle mission se traduit en ces termes : « HAWFA est un groupe dynamique d’artistes unies en tant que « Sœurs d’art » pour créer et se soutenir, tout en célébrant la culture à travers des œuvres d’art audacieuses et expressives ».
Haitian Women Fine Art Collective (HAWFA): un nouveau levier culturel dans la diaspora ?
Dans une note partagée par Annick Duvivier, l’une des créatrices très active dans le milieu artistique, elle fait mention des informations suivantes : « Coral Springs, FL. Le Coral Springs Museum of Art présente fièrement Continuum : Héritage et Expression », l'exposition inaugurale du “Haitian Women Fine Art Collective” (HAWFA), présentée à l'occasion de la célébration du Mois du patrimoine haïtien.
Des images publiées autour de l'événement, nous montrent que ces femmes artistes se complètent dans leurs styles, les sujets abordés et leurs influences culturelles. Elles sont présentées chacune, à travers des peintures acryliques expressives, comme celles d'Hélène Boisson, dont « La fille de Boukman » tissent un lien direct avec l’histoire haïtienne et son héritage révolutionnaire. Une œuvre qui réinvente ainsi la notion de force à travers un prisme féminin contemporain.
D’un autre côté, on retiendra l’oeuvre « Nanolab », qui porte les empreintes de Myrtho Célestin. Cette création introduit un langage visuel abstrait, presque scientifique, suggérant des structures invisibles et des mondes intérieurs.”, informe le dossier de presse.
D’autres œuvres présentées dans cette exposition mettent en lumière autant l’innovation matérielle que la résonance culturelle. « Les pièces textiles de Claudia Apaid, minutieusement brodées à la main, scintillent grâce à l’éclat de perles, de paillettes et de superpositions de tissus, évoquant la spiritualité, la féminité et la parure sacrée », peut-on lire dans le document.
Dans l’ensemble, ces œuvres tissent un récit collectif, à la fois profondément personnel et d’une résonance universelle. « Le titre de l’exposition, « Continuum », reflète la transmission ininterrompue de la culture, de la mémoire et de l’expression artistique à travers les générations rendant hommage à l’héritage reçu tout en façonnant avec audace ce qui reste à venir », rassure l'exposante, tout en poursuivant: « En son essence, HAWFA est bien plus qu’un collectif artistique : c’est un espace de solidarité, d’émancipation et de vision partagée. À travers cette exposition, ces artistes font entendre leur voix, préservent la mémoire culturelle et célèbrent la force, la beauté et la complexité de la féminité haïtienne ».
D'autres informations pertinentes à retenir autour de l’univers esthétique et pictural de ces talents artistiques féminins. On retiendra entre autres : « Les paysages et l’environnement qui émergent avec vivacité dans les peintures de Rachelle Scott. Ses mangroves et ses terrains côtiers tels que représentés dans « Mangroves in the Grove » ancrent le spectateur dans un lieu, une mémoire et
une identité écologique ».
Dans les œuvres de Sophia Lacroix, on assiste à l'établissement d'un pont entre la narration et le réalisme : "De l'intime récit culturel de « Machann Zoranj » à la nourriture symbolique de « Diri Sos Pwa », elles ancrent l’exposition dans la vie quotidienne et les traditions haïtiennes.”.
Hommage au défunt "Vice Mayer Nancy Metayer": promotrice accomplie de la culture haïtienne ?
Durant cette exposition inaugurale, c'était l'occasion pour les initiatrices d'en profiter pour rendre hommage à une figure importante disparue. Cette exposition a également rendu hommage au défunt Vice Mayer Nancy Métayer, qui avait lancé l'année dernière l'exposition haïtienne au musée, rapporte les responsables.
Discours esthétique à la fois inclusif et inspirant, ces artistes fusionnent leurs approches autour des points suivants : « La transformation de la matière s’impose comme un thème central au sein de ces œuvres sculpturales. Les pièces en étain repoussé de Valérie Lambert dont « Sara Ezili » fusionnent le métal et l’iconographie spirituelle, créant des surfaces tactiles et tridimensionnelles qui évoquent tout à la fois la résilience et la révérence.”.
L’œuvre en cuivre de Dominga Leroy, « Gaia », explore quant à elle plus avant la relation entre la nature, la féminité et la terre elle-même. Les thèmes de l’identité et de la force intérieure sont incarnés avec puissance dans l'œuvre titrée: « Unyielding Spirit », de Dominik Ambroise. Parallèlement, « les luxuriantes compositions botaniques d’Annick Duvivier, Monstera Dream Garden » et « Red Ginger » célèbrent la croissance, la vitalité et le lien qui unit les femmes au monde naturel.”, conclut le dossier de presse de l'exposition.
Dans un proche avenir, je vous inviterai à découvrir en profondeur l’univers esthétique élargi, la vision artistique éclatée, autant que les limites techniques qui définissent le cadre global de cette nouvelle dynamique. A noter que durant les quatre dernières années, plusieurs publications autour des femmes peintres d'Haïti, qui enrichissent les colonnes de Le National présentaient déjà le parcours et les œuvres de certains talents influents de ce collectif.
D'autres portraits de ces talents féminins permettent aux lecteurs et lectrices de découvrir la créativité chez ces talents confirmés à encourager. Une belle façon d'explorer la maturité esthétique qui incarne leurs œuvres, tout en saluant leurs apports dans l'enrichissement du patrimoine national, diasporique et universel.
Dominique Domerçant
