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Protéger l’Université d’Etat d’Haïti contre toute violation de ses lois, principes et règlements pour élire ses dirigeants.

Protéger l’Université d’Etat d’Haïti contre toute violation de ses lois, principes et règlements pour élire ses dirigeants.

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Contexte : déception électorale

Le 16 février 2025 était retenu comme jour J pour organiser l’élection d’un nouveau Conseil Exécutif (CE) de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), mais c’était la grande déception. Non pas celle d’un perdant, mais celle de toute l’UEH écorchée par des violations incessantes de tout principe modelant un comportement irrespectueux des normes d’éthique, morales et de liberté de ceux qui ont exprimé leurs choix pour ou contre le processus électoral. Deux catégories d’actions ont conduit à ce cuisant échec prévisible. La première se formalise par l’empressement de réaliser les élections dans l’illégitimité quitte à faire sauter les verrous légaux et la deuxième qui protège les institutions régissant l’UEH. Ne valorisant pas le gain des élections au détriment de la santé institutionnelle de l’UEH via le respect des normes établies, malgré les menaces d’ostracisme et de tout autre genre, la deuxième informe tout le monde des dérives et dénonce publiquement la première dès l’aube au soir du processus aboutissant à l’échec du 16 février 2025 (voir les textes y relatifs publiés dans le quotidien Le National).*

L’autopsie de la déception

Sur une durée de 7 mois allant de juillet 2024 à février 2025, l’échec était prévisible et aurait pu être évité, mais la sourde oreille, l’entêtement et l’empressement ont eu le dessus. S’il était prévisible que les élections devant renouveler le CE de l’UEH allaient butter à un cul-de-sac, pourquoi les acteurs n’auraient pas pu arriver à l’éviter ? Ce texte ne va pas rappeler toutes les embûches déjà exposées ailleurs, mais plutôt s’arrêter sur l’obsession de charcuter les institutions de l’UEH indifféremment des suites préjudiciables qui peuvent en découler. Il s’agit du refus de respecter le quorum en voulant faire sauter ce dernier verrou malgré tout pour organiser illégalement les élections.

Concrètement, tout se joue autour de l’article 52 de la charte électorale sur :

  1. la manière de présider la tenue des élections ;
  2. la première majorité qualifiée de 2/3 soit 24 membres légitimes présents définissant le quorum pour que les élections aient lieu ;
  3. la deuxième majorité qualifiée de 60% soit 21 membres légitimes présents définissant le quorum au cas où le premier ne serait pas atteint ;
  4. la présentation des bulletins de vote.

Les membres du CU étant réunis, le Recteur de l’Université préside le démarrage du processus pour constater le quorum requis. S’il est atteint, le CE se retire du processus pour donner siège au Doyen d’âge assisté du plus jeune enseignant et du plus jeune étudiant. Dans le cas où le quorum n’est pas atteint, le Recteur déclare la séance levée. Lors desdites élections, il n’y a pas eu quorum et le Recteur a déclaré la séance levée.

Il importe de noter que la liste des 24 électeurs légitimes est amputée de deux de ses membres vivant à l’étranger depuis quelques temps. Techniquement, la première tentative était vaine au su de tous, mais quand même a eu lieu pour être dans les normes. Deux cas insolites ont été enregistrés du côté du président-démissionnaire-candidat au poste de Recteur. Le premier est l’envoi d’un mandat par un des électeurs, ce qui n’est pas prévu par la charte ; donc rejeté d’un revers de main par la CEC en conséquence. Le deuxième est la tentative dudit groupe d’ajouter deux nouveaux membres élus sur la liste des électeurs légitimes mise à jour et retenue après qu’elle ait été déjà établie et communiquée aux candidats 72 heures avant le début des campagnes électorales tel que requis par l’article 46 de la Charte. Sciemment et comme d’habitude, les supporters du président-démissionnaire-candidat entendaient encore une fois faire sauter un autre verrou pour forcer le quorum.

La défense des institutions de l’UEH

Heureusement, les défenseurs des principes qui s’opposent à tout type de violation étaient vigilants et la levée de séance était sagement acceptée pour un report à la huitaine sous l’épée de Damoclès du nouveau quorum réduit à atteindre. Au tournant dudit quorum non atteint, ils ont sorti leurs griffes pour imposer la continuation des élections malgré le constat et la séance levée par le Recteur. De fait, pour faire l’économie de noms, le trio illégal composé du Doyen d’âge, du plus jeune enseignant et du plus jeune étudiant, s’est formé pour porter leur président-démissionnaire-candidat au timon des affaires afin de

L’obstination de procéder illégalement aux élections pour faciliter le gain du président-démissionnaire-candidat n’est autre qu’une expression de confort dans le désordre d’où la forte opposition, au rétablissement de l’ordre démocratique, à la rigueur administrative, et à la gestion efficiente et transparente des ressources financières. C’est un refus catégorique à la rupture du désordre fonctionnel dans certaines entités où la gestion autocratique d’un seul homme est instaurée depuis des lustres. C’est une répulsion à la dissolution d’un système monolithique institué où un seul peut régner en maître et seigneur sans devoir se renouveler régulièrement ni rendre compte à quiconque comme requièrent les principes qui régissent l’UEH.

Les causes du déficit de quorum

Comme d’habitude, dans les entités où il n’y avait pas d’élections depuis 2016-2017, l’illégitimité et le désordre fonctionnel y resteraient fermes dans une ambiance de cooptation tacitement consentie par compromission après l’arrivée du nouveau CE élu illégalement. Qu’on le veuille ou non, ce serait le règne de la complaisance au détriment du développement de l’UEH.  De toute évidence, c’est une stratégie de gain de bonne guerre, mais encadrée d’une démarche logique déficiente ou dénuée de toute intelligence politique. Ayant misé fort sur les irrégularités et l’illégitimité des uns et des autres, le président-démissionnaire-candidat au poste de Recteur a fait abstraction de tout principe dédié à modeler le comportement des acteurs en les croyant des amorphes évoluant dans un monde de zombies où les acteurs qui, sous la pression des représailles, n’oseraient lever le petit doigt contre toute maldonne orchestrée. 

S’étant avérée vraie, cette perception a fait tache d’huile dans de nombreuses entités où les professeurs s’effacent, les employés se musèlent et les étudiants rentrent dans leurs coquilles. Ils ont tous peur d’agir et de s’exprimer contre les agissements répulsifs des supers Doyens a.i. non élus et amputés de leurs deux vice-doyens. Comme résultante, les électeurs légitimes sont devenus des commodités rares au sein de l’électorat du CU, parce que l’ancienne CEC présidée par le candidat au poste de Recteur alimentait la tendance illégitime dans les entités. C’était ce désordre systématisé qui a entraîné ce déficit d’électeurs légitimes rendant fragiles les deux possibilités de quorum prévues par les lois électorales. Si hier la pratique des représentants non légitimes de jouir d’un droit de vote non mérité passait comme une lettre à la poste, aujourd’hui les vigiles des institutions de l’UEH, se redressent pour dire non aux dérives institutionnelles afin de permettre à l’UEH de se relever.

A qui la faute ?

Pris de cours par le temps et n’ayant aucun argument légal contre l’opposition des vigiles de la démocratie à leur forfait, le groupe du président-démissionnaire-candidat s’érige en force pour obliger la CEC à compter comme valide la présence de deux électeurs légitimes vivant à l’extérieur depuis plus de 2 ans afin d’atteindre le quorum de 21. N’ayant pas eu gain de cause, ils lançaient des invectives de partout contre les électeurs absents et tout autre membre qui ne partageaient pas leur vision de l’université, leur démarche illégale et illégitime de la tenue des élections ni leur approche de gestion de l’université.

Ils ont préféré faire montre d’irrespect du droit individuel de chacun de choisir librement dans un système démocratique et du même coup galvauder les principes qui exigent la levée de la séance. En vertu de tout cela, le président-démissionnaire-candidat au poste de Recteur est lui-même responsable de ce déficit d’électeurs légitimes infirmant les quorums. Quand il avait la responsabilité d’encourager les élections partout pour légitimer l’électorat dans son intégralité, il ne l’avait pas fait et s’accrochait plutôt à des détours douteux, illégaux et illégitimes pour garantir son élection au poste de Recteur. Face à un vide institutionnel pour réaliser un objectif, la sagesse et la probité obligent un moment de sérénité en guise de persister à défier les règles du jeu pour forcer la traversée du cul-de-sac impénétrable.

  1. Plaidoyer pour des sanctions fermes contre la Commission Électorale Centrale (CEC) de l’Université d’Etat d’Haïti https://www.lenational.org/post_article.php?tri=1747#google_vignette
  2. Tentative de coup d’Etat électoral par la Commission centrale électorale à l’Université d’Etat d’Haïti https://www.lenational.org/post_article.php?tri=1757
  3. Non aux illégitimes qui exigent d’élire des légitimes à l’Université d’Etat d’Haïti : au Conseil de l’Université de prendre des mesures urgentes appropriées https://www.lenational.org/post_article.php?tri=1802
  4. Mise à mort de l’illégitimité de l’électorat au Conseil de l’Université d’État d’Haïti https://www.lenational.org/post_article.php?tri=2068
  5. Les conséquences des inconséquences électorales : un dilemme électoral à l’Université d’Etat d’Haïti https://www.lenational.org/post_article.php?tri=2159

 

Jean POINCY

Vice-recteur aux Affaires Académiques

Université d’Etat d’Haïti

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