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La « VAR » du CEP : la faute tactique du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé

La « VAR » du CEP : la faute tactique du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé

En plein money-time, le gouvernement haïtien concède un penalty politique sur le terrain de la gouvernance et de la souveraineté électorale.

Le sifflet final de la transition haïtienne n’a pas encore retenti, mais sur le terrain institutionnel, le tableau d’affichage témoigne déjà d'une dangereuse déroute tactique. En s'insérant directement dans la mécanique du Conseil Électoral Provisoire (CEP) — corrigeant le décret électoral à sa guise et métamorphosant un Directeur exécutif souverainement désigné par le collège électoral en un Directeur général inféodé à l'exécutif —, le gouvernement du Premier ministre Fils-Aimé du système vient d'exécuter une manœuvre d'auto-croche-pied retentissante. Alors que le pays attendait un arbitre impartial capable d'imposer l’ordre tactique dans une arène dévastée, le chef du gouvernement s'est transformé en joueur-entraîneur brouillon, s'attribuant les prérogatives du corps arbitral tout en concédant des espaces critiques à l'adversaire.

Sur la feuille de match initiale, la promesse était claire : rétablir le climat de sécurité indispensable au déploiement des urnes. Or, le score demeure dramatiquement vierge sur le front sécuritaire. Le CEP, pris de court par cette confusion des rôles, s’est vu glisser par l'exécutif un calendrier électoral totalement hors-jeu, tout en s’enfermant dans une marche à pas de tortue pour l’inscription des électeurs. Plutôt que de valider le Numéro d’Identification Nationale Unique (NINU) comme un acte de foi civique et de reconquête territoriale face aux bandes armées, l'institution électorale s'emmêle dans ses propres crampons administratifs.

Pendant ce temps, sur le banc de touche international, les soutiens vacillent. Le Premier ministre peut arguer que les promesses de déploiement et d’opérationnalisation de la Force de Répression des Gangs (FRG) n’ont pas été tenues. Mais après le fiasco d'alignement de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS), cette naïveté stratégique frise l'amateurisme. Alors qu’il prétendait conduire un conseil de guerre prêt pour l'exploit, M. Fils-Aimé assiste impuissant au naufrage collectif d'un pays maintenu en mode assistanat, subissant l'indifférence et les dribbles géopolitiques au Conseil de sécurité de l’ONU.

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