Mise en contexte
L’incertitude qui caractérise l’avenir de la société internationale impactée tant par des facteurs destructurants que restructurants, a trouvé écho dans les nouvelles orientations de la politique étrangère américaine depuis le retour aux commandes du Président Donald Trump. En effet, celles-ci tranchent dans les grandes lignes avec la politique extérieure de son prédécesseur, le Président Joe Biden - à quelques exceptions près- que ce soit en matière de doctrine, de diplomatie publique, de pax democratica, de rapports d’influence, d'interprétation et de projection de la puissance. Ainsi, la question du possible renoncement américain à leur soft power (puissance de persuasion et d'attraction) interpelle les plus grandes tribunes politiques ainsi que les chancelleries du monde depuis les récents événements du début de l'année 2026, notamment la capture du Président vénézuélien Nicolas Maduro qui constitue une agression aux termes de la résolution 3314 (XXIX) “Définition de l’agression du 14 décembre 1974, adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies qui définit l’agression comme étant “l’emploi de la force armée par un Etat contre la souveraineté, l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d’un autre Etat, ou de toute autre manière incompatible avec la Charte des Nations Unies”.
A cela s’ajoutent, les velléités du Président Trump d’annexer le Groenland, les menaces de droits de douane supplémentaires à l’endroit du Canada ou de certains Etats européens, le Projet de Conseil de la paix (Board of peace) porté par lui dont les missions rappellent celles de l’Organisation des Nations Unies ou encore l’opération militaire “Epic Fury”, déclenchée le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Dans un contexte de guerre d’influence et de confrontations politiques pour le contrôle des ressources critiques, cet article entend analyser le re-arrimage de la politique étrangère américaine sous Trump 2.0 afin de déterminer si ce repositionnement peut-être interprété comme étant une transformation/réadaptation de l’influence américaine. En d’autres termes, s’agit-il d’un rejet du soft power américain ou faut-il y voir une application de la realpolitik? Quid des implications pour Haïti dans un contexte de réduction drastique de l’aide internationale et de conflits géopolitiques?
- Hard Power et Sharp Power plutôt que Soft Power
Avec le retour à des politiques plus transactionnelles incarné par Donald Trump, l’actuelle administration américaine privilégie les rapports de force directs. En l'occurrence, le hard power et le pouvoir économique en lieu et place du soft power théorisé par Joseph Nye, géopolitologue américain, considéré comme étant l’un des penseurs les plus influents des relations internationales contemporaines.
A. Joseph Nye, et le Soft Power
Cette théorie préconise l’usage d’une puissance douce (soft power) comme levier d’influence à l'opposé d’une coercition par la force brute (hard power) dans la conduite de la politique étrangère américaine. Elle est fondée sur trois piliers: “la politique étrangère, le système de valeurs qui sous-tend la vie politique et le rayonnement culturel”. Ainsi, Joseph Nye dresse une typologie qui distingue trois types de pouvoirs d’action en politique étrangère : le hard power fondé sur l’usage ou la menace de l’usage de la force armée, le pouvoir économique ciblant les ressources des pays visés au moyen de mesures contraignantes ou incitatives, et le soft power défini comme une capacité d'entraînement, d’attraction, d’influence culturelle exercée sur l’opinion publique de pays cibles ou sur l’opinion publique internationale, sans coercition.
Il avait été pensé comme une réponse à la théorie du déclin de la puissance américaine de Paul Kennedy, en pleine guerre froide, au cours de la dernière phase de la confrontation bipolaire. Pour Paul Kennedy, la puissance américaine est menacée par un phénomène classique d’« overstretch impérial » : un déséquilibre croissant entre ses engagements militaires mondiaux et ses capacités économiques. Loin de valider cette thèse, Nye y oppose un rapport de puissance plus souple axée sur la culture et des valeurs démocratiques occidentales à même d'influencer la décision politique, persuader l’opinion publique.
Par ailleurs, le Soft Power fait l’objet de critique, notamment pour son manque de précision analytique et du fait qu’il se fonde sur des jugements de valeur souvent eurocentrés ou américanocentrés, son inefficience sans le hard power, ou encore son instrumentalisation politique, notamment de la part de Lara Schaffroth qui souligne ses limites conceptuelles. De plus, elle estime que la notion, forgée par Joseph Nye, trop axée sur la politique étrangère, néglige les dynamiques internes à la base de ce pouvoir d’attraction.
Compris comme un cadre analytique, le Soft Power fournit, toutefois, une grille de lecture sur les moyens utilisés par les Etats ou à leur disposition permettant une influence non coercitive.
Dorénavant l’influence américaine prend pour principale locomotive, les rapports de force incarnant la puissance dure.
B. La puissance dure: la coercition par la force
La nouvelle posture américaine privilégiant les rapports de force et les mesures coercitives, s’est manifestée de diverses manières, notamment:
- Le retrait américain d’institutions multilatérales :
L'autorité morale des Etats-Unis est fortement affaiblie par leur désengagement de manière graduelle d’organisations interétatiques intervenant dans des secteurs variés, tels que le commerce, la santé, l’environnement, à l’instar de l’Organisation Mondiale du commerce (OMC), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ou encore les accords sur le climat. De plus,si la réévaluation du financement américain accordé à des organisations internationales dont l’Organisation des Nations Unies et certaines agences onusiennes, fait craindre pour ses organisations, un risque de déficit budgétaire, en raison du poids du financement étatsunien, elle témoigne d’un reconditionnement du financement à des objectifs politiques en phase avec les intérêts de l’actuelle administration américaine.
- Une diplomatie transactionnelle :
Le transactionnalisme s’est imposé comme la nouvelle norme devant guider les négociations entre les américains et leurs partenaires commerciaux. Ces négociations qui se font de manière bilatérale priorisent les intérêts immédiats des Etats-Unis en vertu du slogan “America First”. En capitalisant sur une logique de coûts-avantages qui rejettent du même cout des valeurs universelles relevant dans une large mesure du Droit International,adoptées par les Etats dans la conduite des relations internationales. De même, en recourant à des droits de douane supplémentaires parcellaires ou générales - jugés illégaux par la Cour Suprême des Etats-Unis - pour contraindre des partenaires commerciaux étatiques y compris des alliés historiques faisant partie du Bloc Occidental (Canada, Pays membres de l’Union Européenne et/ou de l’OTAN) à s’aligner sur leur position, le pouvoir de séduction de la première puissance mondiale se trouve affaibli, en particulier, auprès de ses alliés traditionnels.
- Une approche unilatéraliste (realpolitik/Hard power) :
Les États-Unis reviennent à une géopolitique de « sphères d'influence » notamment par des actions unilatérales au Venezuela, en affichant leurs velléités sur le Groenland, en lançant une guerre contre l’Iran depuis le début de l'année 2026. Ces agissements rappellent le corollaire Roosevelt de la Doctrine Monroe, adopté par le Président Theodore Roosevelt, qui préconisait des interventions américaines, agissant en véritable gendarme du continent américain considéré comme leur pré-carré.
L’usage d'un arsenal économique et juridique par les États-Unis, pour faire pression sur d’autres Etats/partenaires commerciaux, constitue une forme de « droit-arme » qui reprend des schémas apparentés à de la realpolitik. De plus, la politique étrangère américaine reflète des dynamiques de politique interne, d’ordre migratoire, électoraliste ainsi qu’une personnalisation du pouvoir en la personne du Président Trump (en témoigne son projet de Conseil de la Paix), ce qui fragilise des alliances traditionnelles particulièrement au sein du Bloc Occidental. Si certaines interventions récentes ont suscité de la controverse et porté atteinte à leur image de marque (soft power) et à leur autorité morale, à l'instar des conflits (Irak, Afghanistan, Libye) ou des crises internes (l’attaque sur le Capitole en 2021 par des partisans de Donald Trump), les États-Unis conservent, toutefois, des attributs de hard power (capacité militaire, économique, technologique) qui en font la première puissance mondiale.
- La suspension de l’USAID:
Depuis janvier-février 2025, la nouvelle administration américaine a décidé de suspendre les opérations de l’agence USAID dans plus de 120 pays, dont Haïti. Cette décision témoigne de la volonté affichée du Président Trump et de ses collaborateurs de restructurer non seulement le Département d’Etat américain et de réexaminer/réorienter l’aide étrangère fournie en réorientant les priorités américaines. L'agence servait, historiquement, de levier d’influence pour les Etats-Unis, leur permettant de séduire et influencer par l’aide humanitaire, le développement institutionnel et le soutien aux sociétés civiles. Elle faisait office de vecteur de soft power de la culture américaine, de son modèle de gouvernance, de solidarité ainsi que de sa démocratie. Ce faisant, les Etats-Unis optent pour un réalisme politique intégrant des calculs de sécurité et privilégiant des sanctions économiques, des pressions juridiques, l’influence informationnelle (sharp power) en lieu et place d’une diplomatie de séduction usant des leviers de soft power comme l’agence USAID
- La prédominance américaine sur le Continent américain/ Guerre d’influence avec la Chine: Bien loin de la relative retenue dans sa conduite politique qui le caractérisait durant son premier mandat, le Président Trump ne fait plus dans la demi-mesure. Il impose sa vision de la scène internationale. Laquelle vision fait des Etats-Unis, la puissance incontestable, seul maître à bord, sur le Continent américain qui est engagée dans une guerre d’influence contre la Chine considérée comme le véritable adversaire pouvant contester leur suprématie, comme il est clairement relaté dans le document de stratégie de sécurité nationale (NSS) de 2025. D'où les récentes actions menées à l'échelle internationale visant principalement les partenaires de la Chine (Venezuela, Iran), ou la récente initiative “Shield of the Americas” lancée en mars 2026 par le Président Donald Trump, réunissant plusieurs chefs d’Etat et ministres du continent américain - positionnés pour la majorité à droite au regard du spectrum politique - à Doral (Floride). Cette initiative qui porte sur la coopération militaire et sécuritaire entre les Etats-Unis et plusieurs pays d'Amérique contre les cartels, les trafics transnationaux et les menaces migratoires apparaît plutôt comme un nouveau mécanisme d’endiguement de l’influence chinoise dans la région.
- Sharp Power et transformation :
Le Sharp power consiste en l’utilisation de l’information à des fins de manipulation et de coercition. Plutôt que de chercher à attirer comme le préconise le soft power, le Sharp Power vise à manipuler, polariser, délégitimer notamment via l'IA, les plateformes numériques et les réseaux sociaux.
A la faveur du retour au pouvoir du Président Donald Trump, l’Administration américaine priorise ses intérêts propres tout en se débarrassant des contraintes morales ou de toute velléité civilisatrice de répandre,en vertu d’une prétendue destinée manifeste, la démocratie libérale sous le label occidental .
Ainsi, la mutation en cours donne lieu à un renversement stratégique du paradigme de la diplomatie publique. Toutefois, l'influence américaine sur le plan culturel et technologique reste indéniable.
- Influence américaine sur le plan culturel et technologique
En dépit de l'affaiblissement de l'autorité morale américaine dans les milieux diplomatiques, leur soft power, loin de disparaître, conserve une prépondérance dans le secteur privé sur les plans technologique et numérique, culturel et académique.
- Sur le plan numérique : Par le levier numérique et technologique que représentent les Big Tech (Apple, Google, Meta, Microsoft, OpenAI), les Etats-Unis conservent un pouvoir structurant sur la société internationale. Cette influence s’exerce désormais par l’intelligence artificielle et les algorithmes en lieu et place des traités.
- Sur le plan culturel : Hollywood, Netflix et Disney demeurent des vecteurs massifs de l'« American Way of Life », en dépit des critiques ou de la concurrence des pôles régionaux (Corée du Sud, Inde).
- Sur le plan académique : Les universités américaines sont toujours aussi prisées pour la qualité de leur formation et leur prestige. De fait, elles demeurent le premier choix des élites mondiales. Toutefois, ce prestige commence par subir les répercussions des politiques restrictives de l’administration américaine actuelle en matière d’octroi de visas. D’autant plus que des tensions internes affectent leur rayonnement international.
- Implications du retrait relatif américain pour les affaires internationales
En délaissant leur rôle de « boussole morale », les Etats-Unis créent un vide qui tend vers une recomposition de l'ordre mondial faisant place à un monde devenu multinormatif et une plus grande imprévisibilité des relations internationales :
A. Un monde multinormatif
L'émergence de nouveaux pôles de normes conduit vers un monde multinormatif. En effet, les Etats-Unis ne sont plus le seul modèle unique, d'autres acteurs comme l’Inde, la Chine, l’Union Européenne proposent de nouvelles régulations :
- Alliant démocratie et pragmatisme, l'Inde apparaît de plus en plus comme une « puissance de consensus » pour le Sud Global.
- A travers l’Initiative des nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative, BRI), la Chine met en lumière un modèle de développement efficace avec des partenariats commerciaux présentés comme gagnant-gagnant sans conditionnalité politique renforçant son image de leader du Sud global.
- L'Union Européenne tente de s’imposer comme la puissance régulatrice avec le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), et le Règlement Européen sur l’Intelligence Artificielle (AI Act) de par sa puissance économique et sa force institutionnelle. Toutefois, n'étant pas une puissance militaire d’envergure, cette institution éprouve des difficultés à projeter un hard power crédible.
B. Imprévisibilité des rapports internationaux
Les relations internationales contemporaines deviennent de plus en plus imprévisibles, ce qui conduit à un effritement du Droit International et cause une instabilité au niveau des rapports interétatiques ainsi qu’une fragmentation des alliances :
- Effritement du droit international : Le fait par les Etats-Unis de recourir à la force de manière unilatérale, et de porter atteinte à des principes et règles qui sous-tendent le système international, jette un discrédit sur les institutions multilatérales, principalement l’Organisation des Nations Unies. Le droit international s'étant donné pour objectif de réguler une société réputée anarchique voit ses fondements les plus rudimentaires piétinés. Ces agissements mettent en relief le double standard perçu à travers les agissements américains et dénoncé par les pays du Sud Global. Cette situation qui se développe ouvre la voie à un monde plus conflictuel ou la force prime sur le droit.
- Minilatéralisme/Blocs régionaux : L’approche du minilatéralisme privilégie une coopération entre groupes restreints d'États sur des questions spécifiques en lieu et place d’organisations multilatérales comme l’ONU ou l’OMC. Dans cette logique, une multiplication de mini-alliances se substituant aux grandes instances globales, est constatée telles que AUKUS (coopération entre l’Australie, le Royaume Uni et les Etats-Unis pour la défense et la technologie militaire); BRICS+ (initialement formée par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud) et élargie en 2024 à de nouveaux membres;ou encore QUAD (regroupant l’Australie, Inde, Japon, Etats-Unis pour la sécurité et la coopération dans l’Indo-Pacifique).
- Perspectives pour Haïti
Dans ce contexte géopolitique marqué par le transactionnalisme et la guerre d’influence entre grandes puissances notamment pour le contrôle des ressources critiques, les orientations diplomatiques d'Haïti doivent s’aligner sur la défense des intérêts nationaux, en ayant pour cadre programmatique une diplomatie proactive et pragmatique.
- Renforcer la coopération avec les Etats-Unis en matière sécuritaire et technologique: Cette démarche visera l’augmentation des effectifs et des capacités logistiques et tactiques des forces de sécurité nationale (PNH et Forces armées d'Haïti), tout en sollicitant de nouveaux mécanismes de lutte contre le trafic illicite d’armes en provenance des Etats-Unis et passant notamment par la République Dominicaine.
- Présenter la stabilisation d'Haïti comme un levier pour la stabilité de la région: Il faudra, aussi présenter la stabilisation d'Haïti comme un levier pour la stabilité de la région et une diminution drastique des flux migratoires en provenance d'Haïti vers les pays de la région notamment les Etats-Unis et solliciter le concours de tous les pays de la région, de la CARICOM, la CELAC, l’OEA pour pouvoir endiguer la grave crise socio-politique, sécuritaire, humanitaire à laquelle Haïti est confrontée.
- Diversifier les partenaires d'Haïti: Opter notamment pour des coopérations avec des pays du BRICS + et/ou du Sud Global en sollicitant le partage d'expérience ainsi que leur expertise dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre la contrebande, la préservation de l’environnement, de la santé ou encore dans des secteurs porteurs de développement tels que l’agriculture, le tourisme, l’exploration et l’exploitation minière, les infrastructures, l’autonomie énergétique, les nouvelles technologies.
- Solliciter de l’aide (Aide au développement/aide humanitaire auprès d’autres agences en raison de la suspension des activités de l’USAID pour faire face à la crise humanitaire: L’Agence USAID représentait l’un des principaux vecteurs du soft power américain et fournissait à elle seule plus de la moitié de l’aide internationale dont bénéficiait grandement Haïti, à travers divers programmes. En ce sens, la suspension de l’agence américaine représente un véritable manque à gagner qu’il faut combler. D'où l'intérêt pour Haïti de solliciter de l’aide (Aide au développement/aide humanitaire) auprès d’autres partenaires dont l’Union Européenne à travers ECHO (la Direction générale de l’aide de l’UE), la BID (Banque Interaméricaine de Développement) l’Agence Française d’aide au Développement (AFD), l’agence belge de développement (ENABEL), l’agence espagnole d’aide (AECID), l’agence suisse de développement et Coopération (DDC), l’agence canadienne de Développement ( Affaires Mondiales Canada), d’autres agences de pays prônant la coopération Sud-Sud comme le Mexique via leur agence de coopération internationale (AMEXCID), le Brésil via l’agence brésilienne de Coopération (ABC), ainsi que des pays africains. Ce, afin de pallier l'absence du bailleur américain USAID. A noter que toutes les agences mentionnées interviennent déjà en Haïti.
S’il est vrai que les Etats-unis demeurent l’unique puissance capable de projeter simultanément une influence culturelle, technologique et militaire globale, cependant la capacité d'entraînement de leur diplomatie ou encore le pouvoir d’attraction qui leur permettait de convaincre sans contraindre est au plus bas. Une tendance confirmée par les votes au sein de l'Assemblée Générale des Nations Unies où le taux d’alignement sur les positions américaines est en nette régression.
En définitive, les États-Unis, en adoptant le sharp power et en revenant aux fondamentaux du hard power et de la realpolitik ont, à l'évidence, changé de logiciel sans pour autant renoncer totalement à leur influence culturelle et technologique. De même, la langue de bois affectionnée par les officiels et diplomates dans leurs échanges et interventions publiques, cède le pas à un discours cru, plus dépouillé, loin du jargon diplomatique qui privilégie la retenue et le devoir de réserve. Et les décideurs américains ne s’en cachent même pas.
Dorénavant, les Etats-Unis ne remplissent plus le rôle de « leader bienveillant » du monde libéral, mais peuvent prendre tantôt le costume de puissance prédatrice tantôt celui de puissance protectrice, au gré de leurs intérêts.
Dans cette perspective, la diplomatie haïtienne doit prendre la mesure des enjeux nationaux et internationaux en présence. L’on serait amené à interroger la thèse du déclin américain. Est-elle crédible ou à relativiser? Face à la montée fulgurante de la Chine, s'agit-il d'un “empire qui contre-attaque”?
Luis Evens Sergio ALEXIS,
Juriste et Politiste
Email: alexissergio450@gmail.com
Références bibliographiques
Articles
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