Le 5 janvier 2025, Kemi Seba, actuel président de l’ONG Urgences Panafricanistes a annoncé un tournant décisif dans sa carrière en déclarant qu’il comprendrait la pression croissante de ses militants et de nombreux béninois car ces derniers vaudraient qu’il se lance officiellement dans la course à la présidence du Bénin en 2026. Peut-être face au Président Talon lui-même ou un dauphin ?
Par cette déclaration, le leader panafricain phare du XXIème siècle a ouvert un nouveau chapitre dans sa trajectoire politique. Après une vingtaine d’années de luttes et de pédagogie, Kemi Seba a réussi à se réinventer, il parcourt dans toutes les contrées du monde pour soit pour soutenir sa communauté ou pour donner des conférences et signer ses livres. Désormais, il est un adversaire de poids face aux dirigeants africains jugés distancés par rapport aux besoins de leurs peuples mais souvent soumis aux oligarchies occidentales. Par sa pédagogie et sa finesse d’esprit en géopolitique, il a attiré des personnalités de tous bords, des intellectuels, des politiques et des masses populaires sur le continent, y compris dans dans la diaspora. Cependant, cette transition vers la politique béninoise, et plus particulièrement sa candidature à la présidentielle de 2026, soulève des questions sur la validité de son engagement et les conditions de sa participation au scrutin. Le 5 janvier 2025, Kemi Seba a annoncé qu’il se lançait dans la bataille politique béninoise en réponse à des demandes répétées de ses partisans. Dans une vidéo de dix minutes, il n’a pas tardé à s’attaquer frontalement à la politique de Patrice Talon, actuel président du Bénin, dénonçant sa mauvaise gouvernance et de persécution politique. Dans un discours vif et acerbe, Seba dénonce une crise sociale sans précédent dans le pays, où, selon lui, la richesse est concentrée entre les mains du clan présidentiel et des occidentaux au détriment des classes populaires, principalement les enseignants, les agriculteurs et les travailleurs précaires. En ce sens, Kemi Seba se positionne comme un adversaire redoutable du pouvoir en place et constitue une alternative politique pour 2026. Avec plus de 1,3 million d’abonnés sur Facebook, 340 000 sur TikTok et 290 000 sur X, Seba a su capter l’attention de nombreux jeunes africains, déçus par la politique des dirigeants locaux et les ingérences étrangères.
Pour de nombreux jeunes africains, Kemi Seba incarne un mouvement de libération face aux systèmes politiques prédateurs des puissances coloniales et notamment la France-Afrique . Alors que la présidentielle béninoise de 2026 se profile à l’horizon, la candidature éventuelle de Kemi Seba semble être un espoir pour la jeunesse béninoise.
Cependant, le code électoral reformé sous la présidence de Talon, en l’état actuel, impose des conditions strictes, notamment l’exigence de parrainages d’élus pour toute candidature indépendante.
Si Kemi Seba parvient à franchir cet obstacle, sa candidature pourrait profondément bouleverser la scène politique béninoise. Son charisme et son discours anti France-Afrique pourraient lui permettre de séduire un électorat important, en particulier ceux qui rejettent le système en place.
En outre, si l’annonce de son entrée en politique béninoise semble susciter énormément de débats dans l’espace public et médiatique, elle pourrait également ouvrir un nouveau chapitre dans la lutte pour une Afrique autonome et souveraine. Toutefois, au-delà de l’agitation médiatique et des soutiens populaire qu’il recueille, Kemi devra réunir les parrainages ou se faire investir par les Démocrates, parti de l’ancien président Yayi Boni.
En effet, pour l’heure, tous les yeux sont rivés sur les Démocrates, qui n’ont quasiment pas de personnalités fortes à la trempe de Kemi Seba pour s’opposer au candidat que le pouvoir désignerait.
Godson MOULITE
