Le retour des matchs internationaux sur le sol haïtien n’est pas encore à l’ordre du jour. Malgré les démarches entreprises par les autorités sportives, plusieurs conditions doivent encore être réunies avant qu’Haïti puisse de nouveau recevoir des rencontres internationales, notamment celles de ses sélections nationales.
Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) a organisé lundi une séance d’information et d’échange consacrée aux normes de la CONCACAF applicables aux stades pour la période 2026-2027. Plus d’une cinquantaine de journalistes ont participé à cette rencontre, au cours de laquelle les responsables du ministère ont présenté les différents défis auxquels le pays est confronté.
Depuis 2021, en raison notamment de la situation sécuritaire et des violences qui affectent le pays, Haïti ne peut plus accueillir de matchs internationaux. Les sélections nationales sont ainsi contraintes de disputer leurs rencontres dites « à domicile » à l’étranger, ce qui représente des coûts importants pour la Fédération haïtienne de football (FHF), notamment en matière de location de stades et d’organisation.
Dans l’objectif de mettre fin à cette situation, les autorités haïtiennes ont engagé des discussions avec la CONCACAF afin d’identifier les conditions nécessaires à une éventuelle réouverture des stades haïtiens aux compétitions internationales.
Parmi les infrastructures envisagées figure le Parc Félix Saint-Victor du Cap-Haïtien. Le stade a déjà fait l’objet d’une inspection de la part de la CONCACAF, qui a identifié plusieurs exigences à satisfaire avant toute homologation.
Selon Alex François, directeur de la communication du MJSAC, le Parc Saint-Victor représente actuellement l’une des principales options pour permettre aux sélections haïtiennes de retrouver leur public. Le Cap-Haïtien présenterait notamment un environnement sécuritaire plus favorable que la zone métropolitaine, ainsi que des capacités hôtelières et des moyens de transport pouvant répondre à certaines exigences de l’instance régionale.
Toutefois, le responsable du MJSAC a précisé que le stade n’est pas encore homologué et que plusieurs travaux demeurent indispensables.
Les exigences de la CONCACAF concernent notamment les vestiaires, les espaces réservés aux équipes et aux officiels, l’environnement immédiat du stade, l’éclairage, les conditions générales d’accueil et la disponibilité d’un établissement hospitalier répondant aux normes exigées.
À ce stade, Haïti ne remplit donc pas encore l’ensemble des critères requis. Les autorités devront poursuivre les travaux et les démarches nécessaires afin de mettre les infrastructures aux normes et convaincre la CONCACAF que le pays est en mesure d’assurer les conditions de sécurité, d’accueil et d’organisation indispensables à la tenue de rencontres internationales.
Le souhait de voir les Grenadiers évoluer à nouveau devant leurs supporters reste ainsi un objectif majeur. Mais avant ce retour tant attendu à domicile, Haïti devra encore franchir plusieurs obstacles sur les plans sécuritaire, infrastructurel et organisationnel.
Le MJSAC veut renforcer ses relations avec la presse sportive
La rencontre avec les journalistes ne s’est toutefois pas limitée à la question des infrastructures sportives. Plusieurs autres dossiers liés au fonctionnement du MJSAC ont également été abordés, notamment l’élaboration du budget, la préparation des projets par l’Unité d’Études et de Programmation (UEP), sous la coordination de Belizaire Gabriel, ainsi que les questions juridiques relevant du ministère, présentées par Me Ronald Auguste, coordonnateur de l’Unité juridique.
La séance s’est déroulée en présence du ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, Pythagore Dumas, du directeur général Wilfince Mombrun et de plusieurs cadres du MJSAC.
Dans son intervention d’ouverture, le ministre Dumas a salué la présence importante des représentants de la presse sportive et les a remerciés d’avoir répondu à l’invitation du ministère. Il a également exprimé sa volonté de développer une relation plus étroite et plus solide entre le MJSAC et la presse sportive, afin de favoriser une meilleure collaboration au service de la communauté sportive haïtienne.
Pour l’heure, le chemin vers le retour des matchs internationaux en Haïti reste donc long. Le Parc Saint-Victor apparaît comme une piste sérieuse, mais son homologation dépendra de la capacité des autorités à répondre aux exigences de la CONCACAF et à garantir un cadre répondant aux standards internationaux.
Gérald Bordes
